Le premier point que l'on peut dire sur Shutter island, c'est qu'il est dommage d'avoir vu le film avant de lire le livre. Avis à ceux qui seraient intéressés et ne l'auraient pas encore vu, donc.
Mais si on sait à quoi s'attendre, cela reste une lecture plaisante. Nous y suivons les aventures de Teddy Daniels et de Chuck Aule, deux marshalls enquêtant sur la disparition d'une patiente dans un étrange et inquiétant asile gouvernemental.
Au niveau de l'ambiance, c'est réussi.
Mais aussi au niveau des constructions mentales, ce qui m'a paru tout à fait crédible. Il me semble que je connais au moins un exemple d'une telle construction de l'esprit, contre laquelle il n'y a rien à faire. Parce que l'ensemble érigé fonctionne de façon tout à fait rationnelle. Pas à ce point là, tout de même.
Cette île sinistre, peuplée de rats, vulnérable aux tempêtes du large, ces bâtiments de sécurité et ces barrières électrifiées donnant un sentiment de claustration, tout cela tend vers une atmosphère délétère au sein de laquelle le marshall Daniels va peut à peu perdre ses repères.
Il va se trouver face à des messages cryptées et des énigmes insolubles, tandis que la paranoïa monte. Mais cette paranoïa pourrait bien être justifiée, car on lui cache bien des choses.
Jouant sur cette atmosphère et les théories du complot, Dennis Lehane nous offre un thriller haletant, qu'on souhaiterait ne plus lâcher jusqu'au dénouement.
Dénouement qu'encore une fois il est dommage de connaître à l'avance.
Mais ça, ce n'est pas la faute du livre.