Stephen King ne plaisantait pas à l'époque de la parution de Simetierre. Ecrit en 1983 durant certainement l'une des périodes les plus dures dans la vie de l'écrivain, rongé sans aucun doute par des pensées sinistres et angoissantes, si l'on admet une relation étroite entre son état d'esprit et l'oeuvre qui en découle. Pour dire qu'il devait avoir un boulon bien desserré dans le cigare pour pondre un récit aussi efficace dans le dérangeant. Car Simetierre dérange certes, mais c'est ce qui nous passionne !
Un jeune médecin s'installe avec sa femme et ses deux enfants à Ludlow, dans une grande maison paumé au bord d'une grosse route de transit. Le patelin a la particularité de comporter un cimetière d'animaux domestiques, alimenté par des gosses depuis des siècles (ou plus). La joyeuse petite famille vas donc voir gentiment ce que ça donne, parce que c'est quand même plutôt original. Mais voila, ce simetierre cache beaucoup de choses, des choses pas très nettes je dirais, des choses qui ne donnent vraiment pas envie, mais DU TOUT !!. Voila ce qu'il se passe au début. Avec un tas d'autres trucs, du genre promenade, discussions autour d'une bière (... YES ! une bière !), rentrée des classes, potins du patelin, etc. On sait qu'il y a ou qu'il va y avoir un os de toute façon. Et attention, ça va faire mal !
Dire que ce livre fait peur serait un euphémisme, car il nous entraîne dans la situation réaliste d'un homme qui expérimente bien pire que la mort. Dans la fibre de The Shinning, le fantastique prend tranquillement le pas sur le plausible pour empirer l'expérience. Et du coup, ça fou les jetons ! La description du contexte, lieux et personnages, alimentée par nombres de connotations angoissantes, ainsi que le style simple et efficace rendent l'ensemble parfaitement agréable à lire. Les longues périodes d'échanges entre les protagonistes, et les événements de journée offrent des moments de pause dans l'horreur. Pauses bien nécessaires d'ailleurs pour endurer la dernière partie (d'une intensité rare pour un Stephen King), de cette histoire de fou.
Sombre comme aucun autre roman, Simetierre reste l'un des meilleurs représentants du maître dans ce domaine. A lire, vraiment !