Sorry
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Sorry

livre de Zoran Drvenkar ()

        "Sorry", c'est avant tout un pitch qui met l'eau à la bouche. L'histoire d'une agence qui s'excuse à a place des autres, c'est tout ce qu'il faut pour intéresser le lecteur. On peut alors s'attendre, au delà de ce postulat original, à toute une réflexion sur la culpabilité, les remords, la religion, la sincérité...
        Mais il n'en est rien. On se rend vite compte que l'idée Ô combien fantastique de faire des excuses une matière commerciale n'est qu'un prétexte pour faire émerger un thriller pas si haletant que ça. Parce que si on retire tout l'enrobage, il nous reste quoi ? Une simple histoire de vengeance, avec son lot de rebondissements et de scènes "choc". L'agence dont nous parle la quatrième de couverture ne sert réellement qu'à faire intervenir les quatre personnages principaux au milieu d'une intrigue torturée qu'on n'avait pas vraiment vu venir. Et au final, Drvenkar ne fait malheureusement qu'effleurer un sujet sur lequel, sans aucun doute, il aurait eu beaucoup plus à dire.

        Pourtant, j'ai une certaine sympathie pour ce bouquin. Je le vois comme une sorte de prototype de "Toi", un livre que Dvrenkar sortira l'année suivante, et dont l'originalité réside dans sa narration, entièrement basée sur le tutoiement. Dans "Sorry", la narration jongle si souvent entre le "je", le "tu", et le "il" que le résultat devient confus, et le fait que l'auteur ait par la suite choisi de se concentrer uniquement sur le "tu" me convient à merveille vu la qualité de "Toi".
        De plus, même si l'intrigue sent le réchauffé, j'aime beaucoup la manière dont Dvrenkar parvient à créer des personnages si complexes et attachants. Peut-être que c'est ça, à mes yeux, qui sauve son roman. A partir du moment où j'ai le coeur qui se sert en voyant un personnage crever sous mes yeux, je pense qu'il n'y a pas arnaque sur la marchandise.

        J'y reviens en guise de conclusion, mais que "Sorry" vous ait plu ou non, il faut absolument se procurer "Toi" pour bien cerner les leçons que l'auteur a tiré entre l'écriture de ces deux livres, et pour se rendre compte du talent de cet auteur dans le monde bien trop dense du thriller.
Yoth
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le 29 nov. 2013

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