Je m'attendais à un truc où il décrirait quelque chose d'hyper chaotique et anxiogène, propre à nourrir les fantasmes de nos concitoyens proches du rassemblement national, mais au final ça n'est pas vraiment de cela dont il est question. Houellebecq ne fait presque ici qu'une sorte de quasi apologétique neutralisante d'un islam nouveau qui réussi à arriver au pouvoir pour le meilleur et finalement le pas-si-pire pour lui (en tout cas pour le narrateur, le personnage, dont on a l'habitude que houellebecq soit à moitié le miroir).
Pas de réelle guerre civile prolongée, pas de réel chaos, pas de dilution progressive provocant souffrance du peuple majoritaire.
L'archaïsme du personnage en valide quasiment tous les inédits principes, sans réelle ironie, par laisser-aller, en plus du fait que le roman appuie ce sentiment par une narration volontairement très calme et sereine. Il redoute en fait l'indifférence et l'adéquation plutôt que la résignation.
C'est un livre cité par des gens qui ne l'ont pas lu ou pas à 100% compris ; si vous croyez que l'auteur est entièrement dans une posture d'ironie vis à vis de laisser-aller, qu'il est en fait parfaitement contre l'état semi-réactionnaire qu'il décrit dans le livre, tout cela en prenant secretement la défense des femmes ou d'une démocratie à la sauce républicaine et 100% islamophobe, vous vous trompez assez lourdement sur qui est houellebecq et ce qu'il pense de tout cela. Le livre fait cette division typiquement bourgeoise entre les 'nouveaux réactionnaires' qu'il valorise par proxy (qu'aujourd'hui certains appellent frères musulmans) et les dites "racailles" qu'il associe par bêtise à la pratique d'un islam instrumentalisé et primitif (avec la confusion racialiste delinquants - djihadistes)
Je m'attendais pas non au fait que 50% du livre serait une assez ennuyeuse biographie de huysmans, à travers laquelle Houellebecq nous rabâche les oreilles de son obsession pour un christianisme résistant (en appui de sa pensée anti-laïque d'ailleurs, peguy tout ça)
Quoi d'autre ? Un personnage bien trop sûr de lui et bien trop stoïc, en figure de patriarche, d'une fixité assez inexplicable, qui ne change que trop peu au fur et à mesure du roman, dépassant très franchement le portrait vraisemblable pour un professeur moyen d'université, mais aussi des considération pornographiques pédophiles que personne ne soulèvera parmi ses lecteurs (sauf peut être dans sérotonine? Allez savoir).
Les scènes les plus ridicules (a un point incroyable) étant les scènes d'entrevue avec l'agent de la DGSI, dignes d'un mauvais roman jeunesse très commercial. Et c'est sans compter sur les scenes de la période des élections...
En somme Michel sait qu'il ne serait pas soumis par ce systeme hybride, et il se sent prêt à échanger le visage de ceux au pouvoir pour de nouveau profiter de son statut passé, soum des femmes et des enfants, et en ce sens les punir du féminisme. Il fait l'avocat d'un accélérationnisme imaginaire, par réactionnariat.
Je lui met juste en dessous de la moyenne pour l'ambiance très agréable des scènes de fuite à la campagne (parfois sur les pas de huysmans) ainsi que pour l'exercice d'imagination, l'idée est vraiment amusante et aurait pu faire un roman très drôle et politique