Très intéressant de suivre les pas de Stefan Zweig au long de ses écrits, de ses voyages puis de ses errances. Viennois et autrichien de nationalité et de cœur, il anticipe les noirceurs de l'Anschluss et poursuit sa quête d'humanisme depuis l'Angleterre dans une Europe déchirée par le national socialisme. Il écrit notamment "Érasme a aimé beaucoup de choses qui nous sont chères : la poésie et la philosophie, les livres et les œuvres d'art, les langues et les peuples, et, sans faire de différences entre les hommes, l'humanité tout entière, qu'il s'était donné pour mission d'élever moralement. Il n'a vraiment haï qu'une seule chose sur terre, parce qu'elle lui semblait la négation de la raison : le fanatisme. Il était lui-même le moins fanatique des hommes ; son esprit n'était pas d'une puissance extraordinaire, mais sa science était immense ; on ne peut dire que son cœur débordât de bonté, mais il était loyal et bienveillant. Érasme voyant dans l'intolérance le mal héréditaire de notre société".