Jade est responsable des partenariats internationaux dans une grande chaîne d'hôtels. Toujours entre deux avions, elle est surmenée, son couple va mal, et elle se trouve « en surchauffe », à l'image de la société dans laquelle elle vit. Pourtant, elle accepte de superviser la construction d'un hôtel de luxe dans les îles Andaman. C'est sur cet archipel que vit le peuple des Sentinelles, une tribu qui est restée figée dans le temps et refuse tout contact avec la civilisation. Jade se prend de passion pour ce projet, à tel point que son mal-être, qu'elle nomme sa « spirale », s'évapore pour laisser place à une grande excitation… Comment peut-elle alors, de son propre aveu, se rendre coupable de l'extermination du peuple des Sentinelles ?
J'ai lu ce roman avec des émotions mélangées : intérêt, stupéfaction, horreur, amusement parfois, Nathan Devers convoque toute une palette de sentiments pour nous parler de la cupidité, l'hypocrisie et la bêtise qui sont celles de nos sociétés soi-disant civilisées. En opposition, le peuple des Sentinelles semble appartenir à un Eden en sursis, dont la pureté ne fait pas le poids face à l'appétit insatiable des multinationales. le roman est très documenté, on voit apparaître des personnalités politiques, il y est question de la récente dissolution de l'Assemblée, de l'affaire Méry, et surtout, du peuple des Sentinelles, qui existe réellement. Devers insiste également sur le danger que représentent les visiteurs pour un peuple isolé, même ceux animés de bonnes intentions. Maladies, introduction d'éléments étrangers perturbant le quotidien des insulaires, les risques sont nombreux.
Surchauffe est un roman très intéressant, je vous le conseille.