Quelle ambition de raconter le monde tel qu'il serait après la chute de l'espèce humaine. C'est pourtant ce à quoi s'attaque Céline Minard dans ce roman qui se place du point de vue de la nature, des animaux, des créatures et des plantes qui ont survécu et ont depuis oublié notre civilisation. A tel point qu'ils le regardent avec des yeux nouveaux et interrogatifs.
C'est donc une belle promesse, j'avais hâte de m'y plonger, pourtant très vite j'ai été déstabilisée par ce vocabulaire créé pour le livre, comme une évolution de notre langue. Des allers-retours vers le glossaire ont été nécessaires ce qui a alourdi la lecture, mais il faut reconnaître que l'auteure a essayé de créer un véritable univers via ce langage. Les descriptions sont tellement foisonnantes que j'ai eu du mal parfois à me représenter vraiment ce dont on parlait, ce qui a fini par me lasser, voir m'agacer. Les personnages sont aussi trop nombreux et un peu "lisses" et finissent par se perdre dans la longueur du récit. On a quand même de belles réflexions sur le monde, l'écologie, la place de l'homme et sa déchéance du fait de son mode de vie. Céline Minard nous propose une vision un peu trop utopiste, à mon goût, d'un futur où la nature serait en complète harmonie.
Malgré tout ça, il manque un petit quelque chose qui fait qu'on s'attache aux personnages et qui fait qu'on a envie de tourner la page. Je reste avec cette impression que le livre ne démarre vraiment jamais et qu'il ne nous emmène nul part. Les 200 dernières pages m'ont vraiment paru interminables.