Chercher quelqu'un, c'est se chercher soi-même

Pas mal le titre de cette critique, non ? C'est français !


Grand classique de la littérature étatsunienne, ce recueil de trois romans (plus ou moins) indépendants est une lecture un peu déconcertante.


P.Auster souhaite moins arriver à une conclusion de narration qu'à une introspection. Car ses trois personnes principaux sont autant eux-mêmes qu'ils sont lui. La confusion des personnages quant à leur identité et leur amour pour New York laissent entrevoir un flou volontaire entre le narrateur et l'écrivain.


Et ça, ça marche en tant que tel. Pour autant que l'on comprenne le propos final. C'est peut-être la faiblesse de cette écriture. En soi, ne pas tout savoir est une chose; ou alors, imaginer des liens plus ou moins réels entre les trois histoires fait partie de l'aventure littéraire. Mais condamner le lecteur à l'incrédulité permanente en est une autre.


Par exemple, le troisième roman commence sur une base solide mais finit par se perdre dans les méandres de l'introspection du héros lors de son voyage à Paris (ah...la France !). Je ne m'oppose pas à laisser le lecteur construire sa propre hypothèse, bien évidemment mais comme toujours, il y a savant dosage à trouver entre donner toutes les clés et lancer le trousseau dans l'Hudson.


Le triple livre sort en revanche grandit par le temps qu'il prend pour laisser au narrateur / écrivain disserter sur sa prose et son ressenti face à son travail littéraire. L'importance dans chacune des histoires de la réflexion littéraire et l'abondance des carnets dans lesquels chaque personnage annote tout et tout le temps semblent renvoyer à un besoin compulsif d'écrire. Et l'on comprend aisément que l'auteur est affligé de ce "mal".


L'auteur stipule dans ce roman qu'écrire sur quelqu'un, c'est le faire exister. Et dans le cas où on écrit sur soi ? L'écrivain, le narrateur, l'œuf, la poule... libre à chacun d'interpréter cela selon ses envies.

BlackHornet
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le 6 avr. 2025

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