Moi qui ai lu énormément de polars, j'ai tendance à ressentir une certaine lassitude, et à trouver que trop de bouquins finissent par se ressembler dans ce registre.
Or, j'ai vraiment cru découvrir un nouvel auteur intéressant en la personne de Karin Slaughter.
En tout cas c'est ce que j'ai pensé après avoir dévoré les 200 premières pages de "Triptyque" : un style direct et sans esbroufe, une langue vivante, parfois familière et trash façon J-C Grangé, et une intrigue bien construite qui aboutit à un twist ébouriffant.
Hélas, la suite sera un peu moins emballante, puisque Slaughter ne cherchera plus à surprendre le lecteur après ce rebondissement central. Le véritable tueur est désormais identifié, et on attend simplement de comprendre comment les différents noeuds narratifs vont finir par se défaire.
L'occasion de déplorer la durée excessive du bouquin : Slaughter signe un véritable pavé (plus de 600 pages en édition originale) et cela s'avère contre-productif.
Heureusement, la principale qualité du roman se maintient dans sa seconde partie, à savoir la profondeur psychologique des personnages, qui nous changent des archétypes habituels de la littérature policière.
Après sa série de romans situés à Grant County, Slaughter revient en effet sur ses terres natales avec ce récit localisé dans la ville d'Atlanta en Géorgie. Le nouveau héros développé par l'auteur est un enquêteur dyslexique, ayant subi de lourdes maltraitances durant son enfance.
C'est d'ailleurs dans un foyer pour mineurs que le dénommé Will Trent a rencontré Angie, son amie d'enfance devenue flic de terrain au département des moeurs, elle-même très perturbée, notamment au niveau de sa sexualité.
Ces deux-là m'ont parfois agacé par leurs comportements déviants complaisamment exposés, mais au moins ça nous change de certains profilers trop parfaits chez la concurrence.
Au final, "Triptyque" reste donc une bonne surprise, qui va me pousser à donner une autre chance à Karin Slaughter, même si je conserve quelques doutes à l'issue de ma lecture.