C’est ma première rencontre avec un roman de Sebastian Fitzek, et elle se fait sous le signe de la perte totale de repères. Le livre s’ouvre sur Elias, un homme qui se réveille après un accident sans aucun souvenir de son passé, ni même de son identité. Très vite, il comprend que cette amnésie n’est pas naturelle et qu’elle est liée à une affaire criminelle particulièrement violente.
Le roman joue constamment avec l’idée que la mémoire peut devenir une arme. Les souvenirs d’Elias reviennent par fragments, parfois contradictoires, parfois manifestement faux, et chaque tentative pour reconstituer la vérité le met un peu plus en danger. Les personnages qui l’entourent ne sont jamais totalement fiables, et la paranoïa s’installe progressivement.
Fitzek privilégie un rythme tendu et une narration efficace, fondée sur l’enchaînement de révélations et de retournements souvent cruels. L’enquête classique passe au second plan au profit d’une manipulation psychologique continue, où l’esprit du personnage devient lui-même la scène du crime.
Ce qui reste surtout en tête, c’est la question morale qui traverse tout le roman : peut-on être tenu pour responsable d’actes dont on ne garde aucun souvenir ? Une lecture rapide, nerveuse, parfois excessive, mais redoutablement efficace dans sa manière d’exploiter la fragilité de l’identité et de la mémoire.