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le 29 mai 2026
SuivreStanley lubrique
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André Ruellan, plus connu sous le nom de plume de Kurt Steiner, est un vétéran de la science-fiction quand il écrit ce tunnel. Il a commencé dans les années 1950 pour V magazine, puis pour la collection angoisse chez le légendaire Fleuve noir, avant d'arriver dans la fameuse collection anticipation du même éditeur, dont j'ai déjà chroniqué quelques livres ici.
Il écrit Tunnel en 1973, une oeuvre étrange dont l'intrigue n'est pas l'intérêt premier. Nous y suivons Manuel, un médecin officiant dans un Paris futuriste et dystopique, dominé par le Monopole, tandis que l'opposition est réduite à la clandestinité. Lorsque sa femme est plongée dans le coma, les règles lui prescrivent de la débrancher, ce à quoi il se refuse. Il va alors rejoindre les crânes, des fanatiques ultra violents qui vivent dans les immondices en bordure de la ville.
André Ruellan propose une oeuvre âpre et pourtant onirique, faisant penser parfois à du Philip K. Dick avec une écriture plus précise, il y a d'ailleurs au moins un moment où le narrateur est drogué, ce qui renforce l'analogie. A la fois de la science-fiction à l'ancienne donc, et autre chose. Sadoul, dans son histoire de la science-fiction moderne, qualifie certains passages de poésie en prose.
Ruellan, en bon épigone de la littérature d'anticipation, propose un futur noir au possible, poussant au maximum les curseurs de son époque pour créer un Paris cauchemardesque, île de béton au milieu d'un océan d'ordures, le repaire des fameux crânes, nommés ainsi car ils ont tous le crâne rasé.
C'est un livre qui, nécessairement, divisera son lectorat. Au moins tout le monde devrait-il s'accorder à reconnaître l'ambition de ce roman. On pourra toutefois regretter, dans l'ensemble, que les passages narratifs aient moins de force que les hallucinations du narrateur. Mais il dégage une atmosphère particulière, et si aujourd'hui ce genre d'univers est suffisamment réutilisé pour pouvoir dire que c'est une mode de la science-fiction, Tunnel garde toujours sa radicale étrangeté.
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il y a 5 jours
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le 29 mai 2026
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