Ulysse
7.6
Ulysse

livre de James Joyce (1922)

Ulysse ou l’épreuve du lecteur

Deuxième tentative pour gravir cet Everest littéraire sept ou huit ans après la première. Cette fois dans l’édition de poche avec la traduction de Jacques Aubert, accompagnée de son dossier, des nombreuses notes et notices qui servent de béquilles indispensables pour mener l’expédition à bien. Mettons fin au suspense tout de suite, j’ai réussi à le finir. Il m’aura fallu trente-deux jours, à raison de deux à deux heures trente de lecture par jour.


En temps normal, les statistiques de lecture n’ont pas beaucoup d’intérêt. Mais ici il me semble important de le préciser. Lire ce livre est un véritable test d’endurance et de persévérance. Tout semble conçu pour déstabiliser le lecteur et le sortir de sa zone de confort.


Les obstacles sont nombreux. Les références d’abord, innombrables et souvent nécessaires pour saisir l’ensemble. La Bible, Shakespeare, l’histoire de l’Irlande, Gibraltar, les poèmes et chansons populaires, la vie de Dublin à l’époque. Personne, à mon sens, n’est capable d’embrasser toutes ces références.


Mais la difficulté ne tient pas seulement à cela. Ulysse est aussi un voyage dans les formes du langage, presque une odyssée du style. On passe du récit classique aux pensées qui se bousculent dans la tête des personnages, du théâtre au réalisme poussé jusqu’à l’absurde, jusqu’aux longues phrases sans ponctuation qui deviennent un fleuve de conscience.


Il faut donc traverser bien des Charybde et Scylla avant d’espérer retrouver le foyer. À première vue tout peut sembler désordonné, un pot-pourri sans construction. Mais c’est tout l’inverse, une architecture d’une précision incroyable qui a demandé un travail colossal. On devine aussi tout ce que l’on perd à ne pas le lire dans sa langue originale, tant les jeux de mots semblent essentiels.


Au final je ne sais pas si j’ai vraiment aimé l’expérience ou si je suis simplement heureux d’être arrivé au bout. Certains passages sont brillants, d’autres franchement exténuants. À ceux qui tenteront l’aventure, bon courage. C’est un marathon. Prenez votre temps.

Gilead
8
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le 15 mars 2026

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