Dans ce recueil de nouvelles, qui contient la moitié des quelques textes parus du vivant de Kafka, on trouve les grands thèmes de Kafka. L'autorité et son absurdité, et plus généralement l'absurdité en général. On ne trouvera guère du naturalisme : ici place à l'imagination de Kafka, qui met en scène entre autre : une machine infernal destiné à la torture des prisonniers, un voyage en train, des jeûneurs professionnel.
Le style incisif et direct de Kafka a créé chez moi une impression d'inquiétante étrangeté, face à des nouvelles à la fois irréalistes et terre à terre. Sans tomber dans les pièges d'une écriture trop classique, Kafka permet de mettre en avant l'absurdité des situations mises en scène.
Une grande place est laissé dans la préface (de Claude David) à la question de l'interprétation de Kafka. Une abondante littérature, qu'on aurait peine à compter, est en effet consacré à l'homme. Interprétation psychanalytique déjà (analyse de l'oeuvre de Kafka sous l'angle des conflits avec son père), interprétation religieuse (Kafka comme écrivain du judaïsme), interprétation sous l'angle du nihilisme.
A titre personnel, je pense que ces interprétations tant qu'elles ne sont pas poussés dans le n'importe quoi (par exemple, est mentionné l'idée qu'une femme cousant un bas, fait référence à une chaussure, qui elle même fait référence à la botte italienne, elle même faisant référence au pape, etc, etc), ne sont pas forcément conflictuel, mais plutôt devrait être synthétisé. Voeu pieux, certes.
Je ne pense pas qu'un jour on trouvera l'interprétation ultime de Kafka, beaucoup l'ont tenté, peu ont réussi.