1947. Pourquoi a-t-on missionné le capitaine Lenz ? Qu'attend-on de lui dans cette ville de Brême exsangue ? Où vont le mener ses longues promenades le long des canaux de la villes, parsemés de péniches coulées telles "des chenilles processionnaires"? Quelle va être la teneur des échanges devant cette commission de dénazification ? Ce procès ubuesque cherchant à déterminer le caractère nazi du chant des oiseaux dans la forêt voisine est-il bien réel ?
Avec un voile d'irréel donc, Jean Yves Jouannais nous conte une Allemagne d'après guerre hagarde, peinant à retrouver sa lucidité comme après un grand K.O. Une Allemagne aux multiples nuances de gris, couleurs cendres et reflets argentés, peuplée de semi-spectres sortant la tête des ténèbres. Une fable onirique poétique et absurde sur le processus de dénazification, son aveuglement quitte à rater parfois la cible profonde.
Est-ce que nous n'aurions pas rêvé tout ça ?