Chef-d’oeuvre oui vraiment chef-d’oeuvre !

Voilà, j’ai tout dit. Et si mon blog existe, c’est précisément pour mettre en valeur des textes comme celui-ci, d’une très grande force et d’une très grande beauté tant par l’écriture que par le choix du sujet.

L’histoire commence en 1947. Un soldat américain de l’US Army, le capitaine et avocat Jacob Lenz, arrive à Brême pour travailler à la « Commission principale de dénazification », tribunal administratif dont la mission consiste à « désigner et condamner les citoyens coupables d’avoir servi le régime hitlérien et… faire en sorte que la propagation dans le temps et l’espace d’éléments culturels spécifiquement nazis puisse être jugulée, et ce, définitivement. »

En effet, un mois plus tôt, le soldat avait reçu une convocation émanant des services de l’US Army Reserve pour une mission un peu mystérieuse dont, à son arrivée, il ne connaît toujours pas la nature.

Il s’installe dans un hôtel où vivent, dans un silence étrange, une femme et son fils. J’ai eu le sentiment de retrouver un peu l’atmosphère du « Silence de la mer » de Vercors. Peu à peu, la notion du temps semble s’effacer, donnant lieu à des errances fantomatiques dans un espace enténébré et ravagé par la guerre qui suscite chez Lenz malaise et interrogations.

Lenz va bientôt rencontrer ladite commission pour avoir plus d’informations sur sa mission...

Je ne vous en dirai pas plus pour conserver l’effet de surprise (ne lisez pas non plus la 4e de couv’), mais croyez-moi, vous ne vous attendez certainement pas à l’affaire dont il va être chargé.

L’écriture de ce texte m’a bouleversée. L’auteur parvient à créer une ambiance trouble, opaque, notamment dans l’évocation de ce soldat et de son rapport au monde, au paysage et aux êtres.

Le texte touche à la fois à l’absurde, parfois drôle (on pense à Gogol et à Kafka) et à la philosophie : il aborde en effet le sujet de la culpabilité, de la mémoire, de l’héritage idéologique et de la façon dont, après la guerre, les institutions travaillent pour garantir une réparation et une reconstruction du pays.

C’est remarquable de sensibilité et de finesse.

Un grand texte.


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le 15 mai 2026

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