Le personnage principal Pavel est journaliste spécialiste des conflits interethniques en Russie. Un preneur d'otages demande à ce qu'il soit médiateur avec un collègue journaliste TV. Vadim le preneur d'otages était lui-même prisonnier en Tchétchénie quelques années plus tôt et avait été libéré par Pavel et son collègue. Petit à petit vont être dévoilées les raisons de cette demande.
Pourquoi et comment, voilà le coeur de ce roman qui n'est pas vraiment fictionnel, les situations de conflits et d'intérêts sont toujours d'actualités en Tchétchénie, en Ukraine mais aussi dans le Dombass. Chévélev explique très clairement que rejet, incompréhension et haine peuvent modifier le comportement et la vie d'une personne jusqu'à le pousser dans le terrorisme !
Sans aller jusqu'à l'extrême d'une guerre en Europe le cheminement psychologique de Vadim est aisément transposable chez nous. En parallèle Pavel va prendre conscience que le silence et l'indifférence dont il a fait preuve, à l'image de tant d'autres, pas qu'en Russie d'ailleurs, mènent à des contextes destructeurs.
J'ai eu l'impression parfois que ce roman, ironique et dérangeant malgré sa forme de thriller, était une manière de faire son mea culpa pour l'auteur et une incitation à ouvrir les yeux à ce qui se passe autour de nous !
La postface rédigée par Ludmila Oulitskaïa se termine ainsi : “Ce livre s'adresse à nous tous. Regardez dans votre coeur : n'avez-vous pas aussi votre part de responsabilité dans la brutalité et la colère qui nous entourent aujourd'hui ?”