La vague du tsunami a tout emporté. En un souffle, le monde s'est effacé. L'océan carnassier a englouti leur mariage, leur bonheur, et la petite Rita qui grandissait encore, paisiblement, dans le ventre d'Ana. Auguste, son mari, a lâché sa main pour courir vers l'hôtel et sauver sa toile. le peintre et son oeuvre se sont noyés ensemble. Pourtant, des années plus tard, son tableau Une vague réapparaît, comme un fantôme, dans une galerie new-yorkaise.La première partie du roman m'a profondément touché. On y retrouve l'écriture délicate de Line Papin : feutrée, sensible, une prose à la fois sobre et bouleversante, qui refuse le pathos pour mieux laisser parler les silences. Les émotions circulent à travers les non-dits, les images suspendues, les creux où le lecteur s'attarde.Ana, figure centrale du récit, est d'une intensité rare. Elle est sculptée dans le vide laissé par l'absence, une femme qui demeure digne malgré la fracture intime, et qui trouve la force de rester debout. Par elle, l'auteure aborde avec une infinie délicatesse les thèmes de l'amour et de la perte, mais aussi la difficulté de survivre aux fantômes, de se reconstruire, de réinventer le sens de sa propre existence.La suite m'a moins ému, sans doute en raison d'Auguste, ce personnage à la fois énigmatique et froid, détaché du monde comme de lui-même, dont l'égocentrisme crée une distance.Ce roman frappe par son originalité et par la puissance de son point de départ. C'est une méditation subtile sur l'absence, une étude fine des déséquilibres amoureux, et, au coeur de tout, une réflexion universelle : comment renaître après la perte.