Difficile de faire une critique sur un livre comme celui-ci. Acheté par hasard pour sa couverture et son résumé, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Cela a été un choc ! Un coup de pied aux fesses, une claque littéraire.
En premier lieu, le décor. Mertvecgorod est la capitale d’un petit pays imaginaire coincé entre l’Ukraine et la Russie, un summum de la corruption, de la pollution et des trafics en tout genre. Le pays de tous les vices, de tous les excès.
Ensuite, le héros. Le svatoj, le saint : guérisseur, gourou, homme charismatique, insaisissable et protéiforme, à la fois détestable et fascinant.
L’histoire commence par un attentat sur la capitale. Des milliers de morts, une partie entière de la ville rayée de la carte, et tout ceci n’est que le début d’un cauchemar incroyable, qui regroupe toutes les horreurs qu’un régime totalement corrompu peut engendrer.
C’est excessif, c’est hypnotique, c’est déstabilisant. C’est une lecture choquante et terrible, qui m’a laissé une cicatrice dans le cerveau. Je n’ai jamais lu de livre comme celui-là, et la bonne nouvelle, c’est que Christophe Siébert a écrit d’autres romans sur Mertvecgorod que j’ai très envie de découvrir — mais un peu plus tard, le temps que la trace brûlante qu’il a laissée dans mon esprit s’éteigne lentement.