Comme j'aime les signes, j'ai lu ce livre en même temps que le chapitre sur Caton l'ancien ; et je dois dire que Onfray à un petit côté Caton, je le verrais bien tout nu, en train de se dorer la pilule dans les vergers de Normandie tout en aboyant des ordres à ses métayers, le tout en partageant un petit verre de cidre avec tout le monde. Bref, il a un côté péremptoire qui m'est sympathique. Pour ceux qui connaissent pas, l'équivalent en pop culture ce sont les vieux du Muppet Show.
En réalité, il fait un parallèle entre la gauche telle qu'elle existait jusqu'à la deuxième guerre mondiale et dont, sous certains aspects, De Gaulle peut effectivement présenter une synthèse et la gauche d'aujourd'hui qui a muté sous l'effet de la décolonisation, de l'effondrement des utopies communistes et du triomphe de la culture anglosaxonne. Et là aussi, Mitterrand peut être le filigrane de cette mutation.
Là où Onfray est drôle c'est qu'en fait ce n'est pas du tout ce qu'il dit et il suggère que ce sont les deux individus, sujets du bouquin, qui par ce qu'ils sont, provoquent les mutations de leur temps. Autrement dit Michel Onfray n'a pas compris ce qu'était un paradigme, c'est à dire que l'action de tous les individus dans une société donnée est déterminée par les cadres mentaux hérités de leur éducation et de la culture dont ils sont les véhicules. Bref Michel Onfray n'a manifestement jamais lu des bouquins de Lévi-Strauss.
Après le bouquin est plutôt documenté et c'est effectivement très plaisant de faire un parallèle entre ces deux énergumènes qui forment un tandem assez infernal. Enfin, merci d'avoir intégré des passages de notre Jack Lang national, je n'aurai sans doute pas trouvé le temps de m'y plonger de mon vivant et j'aurais quand même manqué quelque chose !
PS : Michel faut bosser encore, faut s'ouvrir, en particulier je vous conseille d'étudier la société anglo-saxonne et les penseurs philosophiques qui les structurent (on est effectivement loin de nietzsche). Bien amicalement, un admirateur de la première heure.