J'ai découvert Neal Asher avec L'écorcheur et c'est avec envie que j'ai débuté ce livre ; chouette, encore un bouquin de SF qui se suffit à lui-même (comprenez pas besoin de se taper 1500 pages).
Voyageurs, c'est l'histoire d'une guerre et de voyages dans le temps. L'auteur propose une approche originale et évite habilement les paradoxes temporels moyennant quelques explications plutôt absconses. Toutefois le résultat est là, ça tient la route.
L'une des astuces utilisées est que les voyageurs ne peuvent se déplacer que dans le passé excepté en rejoignant des points précis. De fait, la narration se focalise sur la remontée aux origines des temps de quelques protagonistes et le tout reste parfaitement intelligible. La "descente" se fait par sauts successifs de plus en plus longs et l'on revit différentes époques de l'histoire, histoire humaine mais aussi histoire de la terre. C'est là l'un des points faibles du livre : on se retrouve à suivre comment deux ou trois personnages vont survivre chacun à leur manière en des temps où les animaux sont avides de chair fraîche. Déjà on pressent qu'on va y avoir droit mais en plus on y a droit à de multiples reprises conduisant à quelques longueurs.
Heureusement durant ces périples la guerre entre les deux factions du futur continue et des éléments scénaristiques évoluent, en douceur certes mais pour finalement donner de la profondeur à ce conflit. Car si au fil des pages on commence par prendre partie on se dit quand même qu'on le fait un peu trop facilement (et oui, on a le temps de réfléchir un peu quand on passe sur la troisième confrontation avec de vilaines bêbêtes). Finalement on dévore très rapidement les pages parce qu'on perçoit le potentiel de ces éléments et on a très envie de découvrir ce que l'auteur nous réserve.