Je n'ai jamais lu de livre de Philippe Claudel, autre que celui-ci.
La politique fiction implique à mon sens deux choses qui manquent à cet ouvrage : la mesure et la précision.
Mesure, car dépeindre des personnages aussi vulgaires qu'E. Musk et D. Trump ne signifie pas verser dans la vulgarité.
Précision, car le jeu d'équilibre politique ne se résume pas au bruit des plus bruyants.
Un tel scénario se travail sérieusement, demande 300 pages au bas mot, à l'image d'un ouvrage de J. Brunner par exemple.
P. Claudel tombe dans son propre piège, même s'il tente de le désamorcer à de nombreuses reprises : celui de dénoncer une politique qui, de real, est devenue wild en tapant sur ses plus piètres représentants. Mais il passe à côté d'un élément charnière dans la compréhension de la guerre globale : la bourgeoisie qui coordonne ces guerre ne se voue pas une haine farouche. Bien au contraire, ils s'entretiennent et s'arrangent pour tirer profit de la misère qu'ils orchestrent savamment. Elon Musk ne mettra pas la tête de Poutine à prix car le risque est la fin de la guerre, et tout ce qui s'ensuit.
Passé cette suspension de crédulité, les 120 pages restantes ne sont qu'un enchaînement de banalités secouées ad-nauseam jusqu'à un climax convenu.