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Procès d'intentions
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Un ressortissant occidental qui s'installe en Orient s'appelle un expatrié. Mais quid d'un Oriental qui arrive en Occident, le terme utilisé n'est-il pas celui d'immigré ? Ce genre de considération, quoi qu'on puisse en penser, incite à la réflexion comme mille autres dans Zamir, le roman au lance-flammes du Turc Hakan Günday. Le plus troublant, c'est que l'auteur y décrit notre monde contemporain, avec des événements avérés, tout en y accolant une part de fiction (une guerre sino-russe, l'Allemagne qui expulse les Turcs de son territoire, etc.) plus que plausible, dans tous les points chauds d'une planète où la guerre et la répression semblent toujours être le sport favori des terriens. Dans cet univers sans pitié, au cynisme affiché, Günday a choisi un héros atypique, victime de la violence des humains dès le plus âge (défiguré par une bombe dans un camp de réfugiés), puis symbole marketing d'une organisation humanitaire, avant de devenir un négociateur de la paix très particulier, adepte des manipulations, des chantages et des compromissions les plus sordides. L'auteur pousse le bouchon très loin, avec cette comédie noire effrayante où il tire sur tout ce qui bouge, la charge principale étant réservée à l'humanitaire mais en élargissant son spectre à une carte sanglante de la géopolitique, où grandes puissances occidentales, dragons asiatiques et fausses démocraties africaines et moyen-orientales, entre autres, en prennent pour leur grade. Évidemment, avec ses allures de pamphlet, il arrive que la coupe déborde tant Hakan Günday met du cœur dans son entreprise de démolition. Il en fait peut-être un peu trop mais la puissance du roman est dévastatrice. Pour la tendresse et la résilience, ce n'est en tous cas pas chez lui qu'il faut s'adresser. Pour évoquer notre monde de brutes, le romancier a préféré l'outrance à la douceur, et c'est sacrément efficace.
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le 8 janv. 2024
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