To Be Imagined
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To Be Imagined

Morceau de Milagres (2011)

Pour la petite histoire, Kyle Wilson, songwriter en chef de Milagres, abandonna sa bonne ville de New York pour aller vivre dans la nature hostile et froide de Colombie-Britannique et comme le héros d’ »Into the Wild », il faillit y perdre la vie. Lui s’en sort après des mois de convalescence. Et comme le dit le vieil adage « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Kyle Wilson revient donc à la musique entouré d’un nouveau groupe. Et cela donne Milagres, « miracle » en portugais. Evidemment. Pourtant ce nom, s’il se réfère à la propre histoire de son leader, peut aussi servir pour décrire la musique du quintette. Un vrai miracle en effet. On en connaît des groupes au chanteur charismatique troussant des mélodies charmeuses, y amenant une certaine dose de lyrisme et d’emphase maniérée. En soit, c’est déjà pas mal si le dosage justement n’est pas trop chargé. Cela donne par exemple Coldplay, grosse machine à faire succomber les minettes qui, dans le genre, s’en sort bien. Mais avec Milagres, on est un cran au dessus et en même temps, on est ailleurs, vers plus de créativité et de prises de risque. Le son de ces New Yorkais est à rapprocher de The National, mélange de new wave diffuse, d’attitude arty et d’arrangements nettement plus contemporains. Même sur les moments les plus pops du disque (à savoir les deux singles de l’album, Halfway et Here to Stay), le claviériste en chef du groupe (Chris Brazee) insuffle derrière des sonorités de claviers vintage que l’on imaginerait plus à leur aise dans l’univers plus expérimental de Radiohead. Cet esprit plus électronique tendance krautrock éclate d’ailleurs sur Glowing Mouth, morceau emblématique d’un album qui n’hésite pas à inventer son propre lyrisme : la voix de fausset de Wilson donne une étonnante touche soul à une mélopée synthétique à deux claviers. Grand moment. Sur Lost in the dark, le groupe accole une rythmique « africasante » des harmonies plus jazz (on pense à Overhead) et cela donne tout simplement un excellent titre pop plus original que le tout venant. Milagres reprend ce genre de métissage hors-norme sur To Be Imagined, chef d’oeuvre de l’album qui part d’une petite kalimba et de programmations pointillistes pour offrir un magnifique jeu de cache cache entre mélancolie diffuse et explosion d’élégance classieuse. Sur le triste Moon on the sea’s gate, tout un sous-bois de cordes et de vents vient affleurer et donner de la profondeur au paysage. Milagres est comme un iceberg ; Coldplay à la surface peut-être mais l’essentiel qui lui donne son équilibre et sa forme générale est bien en dessous dans une magnifique pénombre.

denizor
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le 7 sept. 2015

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