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le 2 avr. 2017
SuivreTrompeur...
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Réglons immédiatement le cas de cette chanson provenant de Nathalie Simard. Non, je ne suis pas devenu cinglé. L'histoire autour m'a simplement touché et, je dois l'avouer, elle se distingue par sa maturité du reste de son répertoire. Sachant cela, on peut commencer...
Devant obligatoirement séparer la critique en 2 volets, je commencerai par l'enfant que je demeure tant et aussi longtemps que mon paternel sera là. Puis, ensuite, le père que je suis et celui que j'ai été afin de fermer la boucle. Entre les deux, mes impressions sur l'œuvre ci-presente. Consommateur de métal avéré, la chanson est diamétralement opposée à mes habitudes. Et pourtant...
D'abord, il faut voir le clip en juxtaposition avec le texte pour comprendre l'effet ressenti et la décision de choisir une trame comme elle a travers une chiée de pièces brutales. On doit savoir que le message s'adresse à son père. Ceux qui suivent un peu mon parcours critique sauront que je suis très près du mien et qu'il représente une figure digne, honorable, aimante et généreuse. Ses enfants passent avant lui-même malgré le fait que je l'invite souvent à casser un peu cet élan du cœur. Qu'à cela ne tienne, immuable, il reste fidèle à ses principes. Bien que la chanson traite cette relation plutôt sévèrement en évoquant le fait de ne pas voir de larme au départ de celui-ci, moi, à l'inverse, je vois le message comme un hommage indélébile envers lui. Lorsqu'il partira, il y aura bel et bien des sanglots ( beaucoup). Mais, comme un soldat de César ( parole issue du titre), je devrai dire au revoir de manière solennelle, les doigts sur les tempes, a la manière du Salut militaire. Par mérite, intégrité, droiture. La douleur sera intenable. Mais elle aura la couleur de notre si profonde relation. Il m'arrive, a l'occasion, de penser au moment de son départ. Ça coince. Le déni se pointe assez rapidement. Extrapolation et projection dans le futur me lacère le cœur pendant un instant. Puis, il y a la question : "comment je vais faire pour passer au travers". Je perdrai du même coup mon père, ma sécurité, mon confident, mon semblable, mon meilleur ami. Attention, si vous êtes autour a ce moment là, avec des mots ou des intentions mesquines. Ça pourrait chier. Ça pourrait vous valoir une visite coûteuse chez le dentiste... Quoiqu'il en soit, ça va faire mal. J'anticipe déjà une perte de poids considérable. C'est ce qui m'arrive lorsque la douleur est trop grande. Je vomis mes émotions car le deuxième cerveau ( système digestif) ne le prend pas. Il m'envoie chier pour cet affront. Littéralement...
Et de l'autre côté du spectre, il y a le père que j'ai été et que je demeure encore. En me comparant, je réalise que je n'arrive pas à la cheville du mien. Si lui a été adulte, j'ai plutôt été adolescent niveau collégial. Universitaire si je joue la carte mature. Le grand rêve de devenir un artiste accompli s'est lentement éteint en simultané avec mes choix de vie. On n'y croyait pas autour et j'ai accepté avec un mélange de résilience ( pour la famille, pour la conjointe) et de mépris ( pratiquement personne ne s'attardait à mes essais hormis... Mon père) envers celles qui partageait ma vie et, je l'avoue, pas mal tout le monde qui existe autour de moi. L'artiste est souvent volage, un peu gitan dans sa manière de vivre. Pour une femme, ça devient lourd. Donc, j'ai du quitter à deux reprises le nid familial. Laissant mes enfants derrière moi. La première fois, mes 2 filles et la seconde, mon petit bonhomme...
Ce regard qu'a l'enfant à ce moment précis ne pourra jamais être oublié. Ma plus grande assise dans les escaliers, ma plus jeune qui se tient près de sa mère et retient ses larmes. Mon petit garçon, assis sur sa chaise haute. Le cœur ne s'en est jamais vraiment remit. On a arraché un bout à la mort de ma mère et deux autres bouts lors de mes départs. Possible que ce qui en reste ne soit plus suffisant pour aimer une femme a nouveau. Balafré, désillusionné, affaibli par un organe partiel. Je me cachais sous l'eau ( je nettoyais à pression d'immenses machine) au travail afin de pleurer sans que ça ne paraisse. Un père perd ses repères. Et il ne les retrouve jamais...
Je ne sais trop, en dedans, comment ils et elles l'ont vécu. Certains traumas ont modifié la donne. Le parcours aux allures de " l'american dream " s'est arrêté net. Les câlins moins fréquents, l'histoire du soir qu'on ne lit plus, le bruit de pas enfantin n'est plus là, on se sent comme une merde tout en devant demeurer assez fort pour continuer sa vie. On boit sa peine, on la noie, on arrive à un point de bascule qui nous fait hésiter sur notre propre continuité. Je n'ai pas peur de le dire, avec le recul. On blasphème, on maudit notre seigneur et on ne pense qu'à crever. Si possible, naturellement, sinon avec de l'aide ( ah tiens, des médocs! Ah tiens, un train...). Et le pire , c'est que souvent, les gens concernés s'imaginent que notre vie est facile. Pas vraiment. Plutôt difficile lorsqu'on est mort en dedans...
L'élève, jusqu'à maintenant ( mon père versus mon rôle de père) n'aura pas dépassé le maître. Pour y arriver, il me faudrait réécrire l'histoire de ma vie. Y ajouter un peu de tonus, accorder une présence plus soutenue. Moins croire aux rêves et garder le focus sur la réalité. Et tel un soldat de César, oublier l'adolescent pour suivre une discipline de fer. Et cette mélodie ( passage que j'aime particulièrement avec l'écho dans la chanson) pourrait peut être le thème central d'une vie plus joyeuse.
Pour le moment, je ne peux que m'excuser d'avoir dû partir. La tête et le corps ont foutu le Camp. Le coeur, lui, est toujours resté avec mes enfants...
Créée
le 30 sept. 2026
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