Nom d'un chien, ce morceau m'a donné l'impression d'être abonné… à l'ennui avec renouvellement automatique.
« Abonné » de PNL est un morceau de rap français sorti en 2015 sur l'album « Le monde Chico », cinquième piste d'un disque devenu une référence du cloud rap hexagonal.
On retrouve la recette habituelle du duo : ambiance sombre, nappes aériennes, basse profonde, tempo ralenti et Auto-Tune omniprésent. Une identité sonore immédiatement reconnaissable… mais qui, pour moi, finit par ressembler à une photocopie de la photocopie.
Musicalement, la production est propre et soigneusement mixée. Les textures créent une atmosphère nocturne qui colle parfaitement à l'univers de PNL. Le souci, c'est que tout avance avec le frein à main serré. À force de tourner sur la même boucle, j'ai eu l'impression d'attendre un train qui n'arrive jamais. Même un escargot sur des patins à roulettes trouverait le rythme un peu timide.
Les voix d'Ademo et N.O.S restent fidèles à leur style : graves, traînantes et volontairement désabusées. Certains y entendent une mélancolie presque hypnotique. Moi, j'ai surtout l'impression d'écouter deux voisins discuter à travers une cloison en mousse après une nuit blanche.
Là où je décroche complètement, c'est sur les paroles. Le morceau accumule les références à la violence, au trafic et au rapport de force sans réussir à me convaincre. Des phrases comme « papa apprends-moi à tuer », « j'allume tout », « tout pour le Glock » ou « on te braque » donnent le ton.
Même « qu'ils niquent leurs mothers » ou le majeur glissé à la porte entretiennent cette posture de confrontation permanente.
Je comprends que cela participe à leur univers artistique, mais à mes oreilles, cette succession d'images agressives finit par ressembler à une surenchère où chaque réplique cherche à faire plus brut que la précédente.
Le refrain, avec son « j'suis abonné, abonné », veut sans doute devenir un gimmick mémorable. Chez moi, il a surtout réussi à s'abonner à ma tête… mais comme une sonnerie de réveil qu'on regrette d'avoir choisie.
Je reconnais volontiers que « Abonné » s'inscrit dans une esthétique cohérente et qu'il a participé à construire l'identité de PNL.
Mais entre une musique trop uniforme, une interprétation qui me laisse froid et des paroles constamment tournées vers la violence et le trafic, je n'y trouve absolument pas mon compte.
La seule chose à laquelle je me réabonne ici, c'est au bouton « morceau suivant », et sans engagement cette fois.