Mais c'est quoi ça ? Avec "Athéna", j'ai eu l'impression que la déesse grecque avait quitté l'Olympe pour aller déposer une plainte contre l'Auto-Tune, pendant qu'un ordinateur répétait la même boucle jusqu'à ce que même le bouton STOP demande une prime de risque !
Extrait de "Que la famille", sorti en 2015, "Athéna" poursuit la formule cloud rap de PNL : nappes synthétiques brumeuses, basses profondes, rythme minimaliste et voix massivement transformées. Sauf que, pour moi, ce morceau concentre exactement tout ce qui me fait décrocher du duo. La production est techniquement propre, mais elle me donne surtout l'impression d'entendre une nouvelle déclinaison d'une recette déjà servie plusieurs fois sur le projet. La boucle tourne sans véritable évolution, les flows changent très peu et la structure semble avancer avec l'énergie d'un escargot sous anesthésie.
L'Auto-Tune, censé apporter une couleur, finit ici par prendre toute la place : les voix me paraissent tellement artificielles qu'elles ressemblent davantage à deux assistants vocaux en pleine crise existentielle qu'à une véritable interprétation.
En parcourant les critiques les plus sévères publiées sur Internet, plusieurs reproches reviennent régulièrement. Sur SensCritique, la critique négative la plus populaire sur "Que la famille" décrit PNL comme les « fils illégitimes de K-Maro et Lunatic », estimant que leur formule recycle des effets de style sans offrir suffisamment de substance musicale.
Sur Album of the Year, plusieurs avis reprochent au projet d'être trop répétitif, avec des morceaux qui s'étirent inutilement et finissent par donner l'impression d'entendre la même ambiance en boucle.
Même RapJanus, pourtant plus analytique que destructeur, attribue une très faible note à ce morceau et critique une écriture enfermée dans une vision matérialiste, une accumulation de codes de rue et une pauvreté émotionnelle malgré l'atmosphère recherchée. C'est quand même très loin de la qualité d'écriture de Mc Solar.
Les paroles de "Athéna" tournent justement autour des thèmes récurrents du duo : l'argent, la rue, la loyauté au cercle proche, la défiance envers les autres et une posture de domination. On retrouve des références aux billets, aux rapports de force, aux comportements illégaux et à la consommation, utilisées pour construire cette image de dureté. À mes oreilles, cette accumulation finit surtout par donner une impression de déjà-vu : les mêmes symboles reviennent tellement souvent qu'ils perdent progressivement leur impact.
Là où certains entendent une ambiance hypnotique, j'entends surtout une formule qui recycle les mêmes ingrédients sans véritable prise de risque. Pour moi, "Athéna" n'apporte ni la variété de flow, ni la richesse mélodique, ni la créativité que j'attends d'un morceau de rap. J'ai surtout la sensation qu'un ordinateur a lancé le pilote automatique pendant que l'inspiration était partie faire les courses. Bref, Athéna était censée représenter la sagesse… ici, même sa chouette a demandé qu'on lui rende le silence.