Après quelques bières, avant un joint, un garçon-que-j'aime-bien m'expliqua le sens de cette chanson, tout en me la faisant écouter. Bon, je la connaissais déjà, la chanson. Je la trouvais pleine de nostalgie. Lors de mes vacances au Pays de Galles, je l'écoutais au milieu des landes, dodelinant de la tête. Jolie mélodie.
Toujours est-il qu'il me l'expliqua, et que je l'écoutai en souriant comme la pire des idiotes. Il venait de jouer de la guitare, j'étais bourrée, et puis je-l'aime-bien. Éprise j'étais.
Lui : "C'est l'histoire d'un garçon qui aime une fille, qu'il ne peut pas avoir. Donc il se tape sa soeur, en lui demandant s'il peut l'appeler par le nom de la fille qu'il aime."
Moi : " Ohc'estbeaudisdonc."
(L'alcool n'est pas votre ami, les enfants.)
Cela ne m'a fait qu'aimer davantage cette chanson des Artic Monkeys. Tudieu, je l'écoute au plus vite au bord de la digue, en fumant malgré le vent hurlant, les yeux rivés sur l'Angleterre. C'est la chanson qui me rappelle le plus l'Angleterre, l’âpreté du sel sur les lèvres, le ferry qui tangue un peu trop au goût de mon estomac.
On ferme les yeux, on s'allume une cigarette. Et on chantonne. 'fin, ne connaissant que les dernières paroles, qui tombent avec autant d'espoir que de tristesse, je ne chante qu'elles. Voix entêtante, d'une beauté touchante, partie instrumentale légère, et je suis transportée. Au-delà de tout. Je veux chanter face aux vagues, en pleurant un peu, parce que c'est triste tout de même, parce que c'est beau surtout. "Cornerstone", tu n'imagines même pas à quel point tu as changé ma perception du monde en t’incrustant par erreur dans ma playlist.