Le morceau « Corps à corps (instrumental) », présent sur le single Corps à corps d’Images en 1986, peut facilement passer pour une simple face B fonctionnelle. Pourtant, dans le contexte très codifié de la pop-disco française de la fin des années 80, il mérite d’être considéré comme un véritable prolongement esthétique du titre principal plutôt qu’un simple ajout secondaire. Dès les premières secondes, cet instrumental reprend l’ossature rythmique du morceau original : une base de batterie électronique régulière, une ligne de basse très ronde et des nappes de synthétiseurs typiques de la production de Richard Seff. L’ensemble conserve cette esthétique lumineuse et dansante qui caractérise Images à ses débuts. Mais sans la voix de Mario Ramsamy, l’attention se déplace entièrement vers la construction musicale. On découvre alors un morceau plus “ouvert”, presque plus hypnotique, où chaque élément instrumental prend davantage d’espace. Ce qui fonctionne particulièrement bien ici, c’est la capacité du titre à maintenir une tension mélodique sans jamais s’appuyer sur un refrain chanté. Les motifs synthétiques deviennent alors le véritable fil conducteur, créant une sensation de boucle émotionnelle qui évoque parfaitement l’univers romantique et nocturne de « Corps à corps ». On retrouve ainsi toute la signature sonore du groupe : une pop simple en apparence, mais très efficace dans son usage des textures électroniques. Cependant, en tant que morceau autonome, cet instrumental montre aussi ses limites. Privé de la ligne vocale et du refrain accrocheur qui font la force du titre principal, il peut sembler légèrement répétitif sur la durée. Il fonctionne davantage comme une extension, voire comme un support pour DJ ou radio, que comme une œuvre indépendante destinée à être écoutée isolément. Malgré cela, « Corps à corps (instrumental) » possède un charme indéniable. Il capture l’essence d’une époque où les versions instrumentales avaient une vraie valeur artistique et utilitaire, permettant d’apprécier différemment la production. Ici, il révèle surtout le soin apporté aux arrangements et la solidité de la composition originale. Une pièce discrète mais cohérente, qui enrichit l’univers du single sans chercher à voler la vedette.