Embrace
7.2
Embrace

Morceau de Korn (2002)

On se questionne beaucoup durant notre passage ici. Enfin, je crois. Possible que les autres ne se questionnent pas autant ou encore pas du tout ( ça expliquerait l'imbécilité généralisée). Quoiqu'il en soit, en supposant que certains font une introspection idéalement rétroactive par la même occasion, on en arrive souvent à un verdict global qui, selon le cas, sera positif ou négatif. C'est ce dont la chanson traite. Le bilan. Sombre. Lourd.


Ce que j'aime bien de ce chanteur est sa capacité à se travestir suffisamment pour jouer la douceur ( quoique teintée de folie), de pousser dans la rage ( avec une touche de folie) mais aussi la normalité ( quoique subjectivement, qu'est ce qu'être normal). Cette polyvalence ne se reflète toutefois pas sur tous les albums et je m'explique... Pour moi, Korn brille lorsqu'il est dans la colère. Si le groupe se tient le cul entre deux chaises, il s'aplatit et perd de sa superbe. Heureusement, ce n'est nullement le cas ici et même qu'il gâte l'auditeur avec une rage différente. Insistante pour être plus clair. Ce qui va de pair avec le sujet véhiculé.


La vie, les blessures, la douleur et la haine pour être exact. Appuyé par un beat lourd et une distorsion du même acabit, il est assez rare que le groupe "fesse" de la sorte. On se serait attendu à un passage plus atmosphérique avec Korn, habituellement fidèle à ses habitudes. Pourtant, c'est dans ce contexte que celui-ci est a son meilleur. Mais comme on jase de haine, il m'apparaît logique que l'on s'appuie sur quelque chose d'un peu plus musclé. Ceci étant dit, on patauge exactement là où je souhaite aller. Cracher le venin ...


Aimer la vie comme les coachs le proposent n'est pas donné à tous. Pour que je sois totalement heureux, il faudrait que toutes les planètes soient alignées en ce sens. Comme on est loin des contes de fée, on se rabat sur une acceptation de notre sort en tentant d'y ajouter de la couleur. En ce qui me concerne, je tourne autour des nuances de gris et parfois un peu de soleil qui réchauffe le coeur ( lire ici enfants). Mais en analysant le portrait avec du recul, force est d'admettre que la majeure partie de ma vie a été consacrée à des questionnements incessants. Ce simple fait a teinté la toile de désillusion. Cette dernière m'a aussitôt ramenée aux blessures, aux douleurs psychologiques. Ensuite, un conditionnement s'opère et donne un résultat plutôt moche. Aigris par les constatations diverses qui mettent la plupart du temps le feu au cul, je suis devenu bougon, râleur, anticonformiste et sauvage face au social. Pour éviter d'être triste, j'opte pour la colère. Pour éviter d'être déçu, je n'ai aucune attente. Pour éviter la vie, j'opte pour la solitude. Et pour savoir que certaines personnes ne comprennent, il y aura toujours...la musique. Comme celle-ci...


Pour un pile, il y a un face. Toujours. Et c'est dans la face que Korn nous a envoyé son pile.

Créée

le 12 mars 2026

Critique lue 19 fois

Johnny B

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