Holiday
7.2
Holiday

Morceau de Green Day (2004)

On le sait, je crois. Que l'on diffère de la norme, des standards préétablis, de la masse populaire. Je pense l'avoir découvert assez tôt à ma façon d'espérer vivre une aventure d'Aladin ou encore lancer des lasers avec mes yeux comme Superman ( à la brunante, je plissais les yeux en fixant un lampadaire, ce qui faisait naître un rayon). Par contre, il faut souligner le paradoxe qui se rattache à la différence. Petit, on veut être comme tout le monde, histoire d'entrer dans un cercle social, avoir des amis, jouer à ce que jouent les enfants. Et, arrive un moment où le but est de ne pas être comme tout le monde, d'affirmer une personnalité unique, de se distinguer. Le divergent, pour sa part, et je parlerai pour moi-même, n'en a rien à foutre de ce paradoxe. Il se sait différent, se voit différent et, à la limite, se battra pour cette différence. Elle est accueillie avec une conscience en paix. Et souvent, c'est ce que cherche ce dernier. Avoir la putain de paix...


J'aurais tendance à comparer la divergence à une mathématique musicale. Comme si celui qui en est "atteint" se basait sur le tempo de la vie plutôt que sur la comparaison avec la foule. Il faut savoir calculer adéquatement les risques et bénéfices puisque la plupart y verront de l'anarchie comportementale ne voulant pas se plier à ce qui est conformément usuel à travers la masse. Le divergent aura donc un avantage et un inconvénient se rattachant à sa condition. Il se connaîtra beaucoup mieux en tant que personne puisqu'il doit conjuguer avec sa différence pour fonctionner dans le système. Or, sachant qu'il, par exemple, conteste allègrement les injustices au travail, il devra faire preuve de retenue, réfléchir à la meilleure façon d'y mettre un terme par des arguments béton, des preuves, des exemples. Il travaille donc plus fort pour en arriver à ses fins, devra aller plus loin dans sa réflexion et se foutre des autres qui préfèrent demeurer aveugle. L'inconvénient est tout simplement axé sur le fait qu'il entrera dans la catégorie des rebelles. De deux choses l'une. Soit il sera suffisamment armé psychologiquement pour devenir un leader en lien avec ses croyances, soit on lui montrera la porte.


Greenday joue habituellement dans la cour du rock alternatif autrefois nommé musique punk. Ici, contre toute attente, non seulement on opte pour une approche rock alternative mais on lui insuffle une couleur particulière comme sur boulevard of broken dream. J'irais même jusqu'à dire qu'il s'agit ici d'un hymne pop punk à saveur rock qui fait l'apologie de la divergence. On ne veut pas se mouler, on ne croit pas à ce qui semble n'être qu'un mensonge sociétal, on veut continuer de rêver. On cherche donc à se désengluer d'une réalité imposée par la conformité bien pensante ( selon qui), la politique mensongère et une certaine robotisation ou plutôt une lobotomisation prescrite par ceux qui veulent contrôler la masse. Sur cet album, on sent que le groupe a prit de la maturité autant musicale ( on délaisse lentement les simples 3 accords pour plus de mélodie) que stylistique ( on s'éloigne d'un grunge adolescent et on se rapproche d'un rock plus adulte). Ainsi, on en arrive à pondre une petite pépite qui démocratise une anarchie autrefois mise à l'index et on prend la place qui nous revient en ce qui concerne la liberté d'expression. Petit garçon deviendra grand.


Différence veut aussi dire unicité. C'est ce qui fait que chaque personne est unique. La divergence réside plutôt dans le domaine de l'adhésion. On peut être unique et adhérer à un groupe, une cause, un parti. Mais je crois que dans l'autre cas, on se rabat sur notre propre livre arbitre, notre propre façon de pensée donc, on ne cultive pas la nécessité d'être entouré et on ne cherche pas, non plus, l'approbation de ceux qui nous entoure. Comme dans la phrase " nos avis divergent". Nous ne sommes pas au même endroit. Et ce n'est pas nécessaire non plus.


Greenday à su perdurer à travers les années. Autrefois beaucoup plus insouciant musicalement, ils ont évolué sans trop se dénaturer. On reconnaît la griffe par la voix mais aussi l'essence. Ils ont su se distinguer grâce à une couleur très particulière qui fait que l'on ne les confond pas avec d'autres groupes émergents ou tentés de reproduire l'engouement pour ce style. En somme, bien qu'ils fassent partie de la machine, du système afin de continuer à se produire dans le milieu musical, ils ont réussi à se différencier. De manière divergente.

Créée

hier

Critique lue 8 fois

Johnny B

Écrit par

Critique lue 8 fois

1
2

Du même critique

Emperor of Sand

Emperor of Sand

8

Jean-francoisBohémie

505 critiques

Trompeur...

Mastodon ! Nom de groupe imposant et annonçant quelque chose de lourd me semblait-il. Et pourtant ça n'a rien de particulièrement agressif comme je m'y attendais. Au contraire, on se trouve dans un...

le 2 avr. 2017

Blurryface

Blurryface

8

Jean-francoisBohémie

505 critiques

La raison...

Lorsque j'entends un single qui m'interpelle, j'essaie de retenir le nom du groupe. Au deuxième hit, je reconnais le groupe et peut le nommer. Cette fois, trois chansons ont su capter mon attention...

le 20 mai 2016

The Sacrament of Sin

The Sacrament of Sin

8

Jean-francoisBohémie

505 critiques

Le meilleur...

Powerwolf est différent. Il n'est pas un heavy symphonique comme les autre. Il réussit à entrer. Dans la psyché. S'y faire une place et s'intégrer dans le voyage. Il devient le copain accompagnateur...

le 4 août 2018