I, the Mask
7.5
I, the Mask

Morceau de In Flames ()

Souvent, probablement pour se convaincre soi-même, on se raconte de façon à mettre de l'avant, les plus belles parties de notre personnalité. A travers beaucoup de critiques, je ne fais pas exception et, à vrai dire, je ne m'en confesse même pas. Je crois pertinemment que les valeurs intrinsèques qui me définissent demeurent nobles et se situent dans ce que devrait être l'humain. Or, ceci est la part narcissique nécessaire à fonctionner puisqu'il faut s'aimer un tant soit peu afin de faire sa place en ce bas monde. Un certain narcissisme est sain dans la mesure où on ne tombe pas en amour avec le miroir. Mais qu'en est-il de l'autre face? Car comme dit Jung " chaque chose suppose son contraire". Il nomme d'ailleurs la quarantaine comme étant le Midi de la vie ( moitié d'existence). Cette étape correspond habituellement à un renversement de situation. Les valeurs d'avant tendent à fondre pour se sublimer en un contraire relatif. Il est alors souvent question de changement de cap, séparation, un 180 degrés existentiel. Mais une chose demeure cependant à travers toute la vie. La persona qui nous définie et qui représente le masque que l'on porte. Parfois pour cacher ses faiblesses, pour ressembler à ce qu'on voudrait être réellement, pour embellir le portrait, pour se protéger.


Du coup, je peux d'ores et déjà affirmer que le masque personnel que je porte est beaucoup plus laid que ce que je démontre en société. Sous un couvert relativement gentil et doux, ma figure pourrait me trahir. Visage plutôt patibulaire au premier abord, sitôt que ma barbe blanche pousse un peu et me donne des allures de père Noël fâché, on peut me trouver sympathique. Lorsque la discussion commence, on perçoit de l'empathie, du respect et une humanité sensible. Pourtant, si je décide aujourd'hui de faire preuve de transparence, il existe des lacunes assez sombres. Tout n'est pas si blanc dans mon monde...


D'abord, il y a une grande sélectivité en ce qui a trait à l'être humain. Parfois, le visage ne me plaît pas ( lire ici qu'il ne me plaira jamais, jamais), la mentalité de l'autre me fait chier, une majorité est incontestablement idiote, et, à la base, l'être humain me fatigue. Il y a même de ces jours ou je n'ai pas envie de me lever parce que je ne veux pas me tolérer moi-même, c'est tout dire. Donc, sous une façade normale et civilisée, j'arrive souvent à imaginer la pelle directement dans la tronche des autres. Quand je suis de bonne humeur. Je peux effectivement être une belle merde à certains niveaux. J'ai cette tendance à me croire supérieur peu importe l'environnement ou je me trouve. C'est d'ailleurs pour cette raison que je deviens anticonformiste lorsqu'on ne cherche. Je ferai absolument tout en mon pouvoir pour faire courber l'échine à l'intrus. Que ce soit par argumentation, par réalisme, par provocation ou, en dernier recours, par la force ( lire ici intimidation du a un physique imposant mais jusqu'ici inutilisé). J'ai eu cette chance de ne pas avoir eu à me servir de la violence car le conflit arrêtait avant cette étape. Toutefois, il est arrivé souvent que par pur désir de bien rentrer mon argument dans la tête de l'autre, je veule lui éclater le cervelet et lui faire bouffer. Une certaine retenue à toujours fais office de gardien cependant...


Il y a aussi la laideur. Pas celle qui esthétiquement nous rebute où nous incite à la pelle. Non. La laideur humaine. Et c'est ici que mon masque s'avère le plus machiavélique et/ou dangereux. Intimidateur face au plus faible? Torture. Autoritarisme et non autorité? Torture brûlante. Mal envers les enfants? Ça pourrait être mortel. Tromper conjoint ou conjointe? Chirurgie esthétique requise après mon passage. On voit alors que l'ours calme et tranquille raconté à travers certaines critiques demeure relatif. Il y a du méchant à l'intérieur de moi. Défendant le plus faible certes, néanmoins, les scénarios seront toujours violents. Pour une raison bien simple. Je retiens ma violence depuis toujours. Et cette rétention agit comme une sorte de cloque d'où il faut faire sortir le pue. Si tu m'as fait chier quelque part dans ma vie, il est fort probable que je te mette en scène principale du film d'horreur dans lequel tu t'es fourré toi même. Bâton de baseball enrobé de barbelés? Tronçonneuse? Râpe à fromage pour l'épiderme? Brûlures? Ongles arrachés?


De deux choses l'une. Freud traduisait le développement psychosexuel en trois instances qui allaient nous suivre la vie durant. Le Ça. Guidé par le plaisir. Le Moi, guidé par la réalité. Et le Surmoi. Par les règles et les normes. Bien que je sois de nature réaliste, ce qui me guide est le dernier. J'agis toujours ou presque en conformité avec ce qui est bien et même que je dénonce ce qui me paraît mal. Sans être maladif, il m'apparaît plus important de bien se comporter avec autrui ( même si je les déteste) puisque humainement, il s'agit de la bonne chose à faire. Ces règles d'ailleurs ne correspondent pas totalement à ce que la justice indique mais plutôt ce que la conscience me dicte. Ainsi, en tant qu'homme et femme, notre rôle consiste à prendre soin les uns des autres afin de protéger l'espèce et sauvegarder notre qualité d'humain. Ainsi, tout le monde est heureux et règne l'allégresse ( sarcasme).


Dernier droit. In Flames traite de ce masque. De façon métal à n'en point douter mais aussi de manière sensible. Cette sensibilité de transmet souvent par la voix du chanteur. Le chanteur de Korn disait justement être devenu ce qu'il est pour changer la donne face au complexe du trop bon gars. Il a donc prit le masque de la musique métal pour inverser les perceptions. Je tend à croire que c'est le même principe pour in Flames. La différence étant que le trémolo s'avère plus émotif dans le cas de ce dernier. Le cri l'est tout autant ( pile et face, recto verso...). Donc, à travers une musique qui semble être perçu comme " pour les méchants", il arrive souvent que celle-ci transmette un message d'espoir ou dénonce des situations de merde. Alors qu'un hip hop entraînant aux vibrations qui donnent le goût de se trémousser ne fait que traiter la femme de salope ou incite à se servir d'une Uzi pour éliminer le gang de la rue d'à côté comme c'est souvent le cas dans le rap. Perception erronée.


La peur. Finalement, c'est la peur qui me freine. Bien plus que les règles et les normes. Mon côté gris ne se laisse pas emporter par la colère qui le caractérise. Pour la simple raison que j'ai peur de moi-même si je franchis la ligne. Crainte d'aimer la sensation en défonçant la tête du belligérant. Vouloir recommencer et me diriger tout droit vers la voie de perdition. Le même principe s'applique à mon refus total d'essayer une drogue comme la cocaïne ( Marie Jeanne uniquement de manière sporadique et récréative). La coke, paraît Il, donne l'impression d'être surpuissant. Et ça, ça pourrait me plaire. J'ai peur aussi de ne pas pouvoir arrêter de frapper tellement j'ai enfoui la violence depuis longtemps. Et ne pas arrêter devient donc un synonyme d'une mort annoncée. En bref, j'ai un masque de sévérité pour ma protection, un masque de gentillesse pour la société et un masque pour protéger les autres.


Parce que ma plus grande peur est celle que j'ai envers moi-même...



Créée

le 19 déc. 2025

Critique lue 17 fois

Johnny B

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