Il y a véritablement un monde entre la réalité perceptible et tout ce qui peut exister à travers l'imaginaire. Et je crois que ce qui fait la beauté de la musique est qu'elle représente le pont reliant les deux. Le meilleur exemple que je pourrais donner rapidement est le fait que je fais partie des gentils MAIS qu'interieurement , si ça dérape, il existe une facette assez violente, retenue par un caractère empathique et conciliant. En gros, ce que ça veut dire c'est que je suis tout ce qu'il y a de plus doux et calme. Je ne cherche absolument pas la merde et je reste tranquille dans ma petite vie routinière. Par contre, il y a bel et bien cette boule de feu, a l'intérieur, qui n'attend que de sortir pour tout brûler. Comme je connais approximativement le dégât qu'elle pourrait faire aux alentours, j'ai établi mon seuil de tolérance à un niveau extrêmement élevé. Donc, si le feu apparaît, c'est que quelqu'un ou quelque chose l'a véritablement cherché. Et c'est quoi le rapport avec la chanson? C'est qu'elle a aussi ces deux côtés, cette dystopie, la dichotomie si importante à apercevoir pour bien connaître quelqu'un ou quelque chose dans son entièreté...


Et justement, s'il y a bien une chose que j'aime par dessus tout, c'est de découvrir une nouvelle piste qui me fait un effet instantanée comme c'est le cas ici. Le mélange s'avère une réussite malgré la grogne des puristes qui n'apprécient pas tellement les changements de style. Rien à chier, en ce qui me concerne. Connais pas du tout le avant, donc, pas de déception. Ce qui surprend le plus est cet effort de faire un amalgame entre le trash métal et le Metalcore avec en tête un chanteur qui maîtrise un chant clair mais agressif sans tomber dans le rah obligatoirement brutal et crié. On a un chanteur qui peut être à l'aise dans les hauteurs ( sans tomber dans un iron Maiden que je déteste) et arrive simultanément à générer de l'émotion. Comme quoi on peut être agressif et mélodique vocalement afin d'offrir une piste volatile, dramatique, hargneuse et puissante.


Un hypersensible se laisse facilement submerger par les émotions et de façon contradictoire, ne le démontre pas toujours ou toujours paradoxalement, ne démontre rien du tout ( ça c'est moi). Autour, les gens semblent croire que vous êtes conçu en métal, n'éprouvant rien. Comme il y a tout de même douleur, la hargne prend vie dû à cet aveuglement et ce, malgré l'expression verbale des sentiments bousculés. Rien a faire. Si l'expression visuelle ne se fait pas, si il n'y a pas de larme tangible, vous êtes un sans-coeur. C'est à ce moment précis que le titre l'orage au cœur prend tout son sens.


L'enfant que j'ai été demeure paradoxal dans son essence car 2 forces s'opposaient simultanément. Le rêveur, qui espérait devenir un quelconque héros et le négatif, qui voyait déjà la merde qui existait autour telle que l'intimidation, les jeux de pouvoir, l'injustice, le manque de respect, les imbéciles... Or, d'un côté, je me construisais un monde pratiquement imaginaire où j'étais là vedette du scénario et de l'autre, je demeurais spectateur d'un monde qui part en couille. J'ai toujours aimé l'idée du superhéros ( qui n'existe pas) qui , quand les fils se touchent, met le feu partout où démoli d'un seul coup le bâtiment devant lui. L'image s'avère très représentative de la colère qui brûle à l'intérieur de moi. Et cette chanson illustre à merveille la venue du danger et la force requise pour en venir à bout. L'orage au cœur, c'est l'image adéquate afin de représenter ce que c'est d'être enragé par la peine. Et la chanson devient, par le fait même, la trame sonore qui dépeint le scénario dans lequel je m'identifie car dit autrement, la pièce a bel et bien, la couleur de mon coeur.


Je sais très bien faire la distinction entre le réel et l'imaginaire, je ne suis pas timbré. Dans un monde comme le nôtre, je crois qu'il est important de garder une part de grandiose pour contrebalancer le poids des jours plus laids. ( exemple : la vie après la mort existe t'elle? Si non, tant pis, si oui tant mieux. Mais le simple fait d'y croire lorsqu'on s'éteindra, rendra la fin moins difficile et noir...). Et je continue de croire que la musique, spécialement les titres qui bousculent quelque chose en dedans, sont présentes afin de relier la réalité à l'imaginaire. L'amour en est un exemple. Il nous fait aimer encore certaines personnes disparues.


La musique est un pont, simplement, qui fait la jonction entre ce qu'on entend, ce qu'on est et ce qui adviendra. Cette chanson est donc un pont entre mon cœur enragé, sous l'orage, et celui que je suis devenu aujourd'hui. Car il pleut dans ce titre. Possiblement l'orage au cœur oui. Mais il y a une certaine beauté qui ressort de cet orage. Il y a du beau, au bout du pont...




Créée

il y a 6 jours

Critique lue 16 fois

Emperor of Sand

Emperor of Sand

8

Jean-francoisBohémie

le 2 avr. 2017

Suivre

Trompeur...

Mastodon ! Nom de groupe imposant et annonçant quelque chose de lourd me semblait-il. Et pourtant ça n'a rien de particulièrement agressif comme je m'y attendais. Au contraire, on se trouve dans un...

Blurryface

Blurryface

8

Jean-francoisBohémie

le 20 mai 2016

Suivre

La raison...

Lorsque j'entends un single qui m'interpelle, j'essaie de retenir le nom du groupe. Au deuxième hit, je reconnais le groupe et peut le nommer. Cette fois, trois chansons ont su capter mon attention...

The Sacrament of Sin

The Sacrament of Sin

8

Jean-francoisBohémie

le 4 août 2018

Suivre

Le meilleur...

Powerwolf est différent. Il n'est pas un heavy symphonique comme les autre. Il réussit à entrer. Dans la psyché. S'y faire une place et s'intégrer dans le voyage. Il devient le copain accompagnateur...