J'écris. Depuis longtemps à vrai dire. J'ai fait des chansons, des poèmes, des essais et même tenté ma chance pour les romans ( flemme d'expliquer...). La raison pour laquelle je joue de la plume n'est pas née par hasard. Francis Cabrel demeure la cause principale de cet attrait pour les mots. Cette chanson particulièrement car pour chier de la prose ainsi, il faut soit aimer à en mourir ou encore faire partie des génies. On ne crée pas une chanson de la sorte par chance. Le talent, l'amour du mot et l'amour tout court doivent faire partie de l'équation. Poétiquement parlant, il s'agit d'un chef d'œuvre inégalé jusqu'à présent. J'ai tenté d'écrire mon chefs d'œuvre aussi, à ma manière. La mienne se titrait "Celui" ( devenir celui que l'on aimera jusqu'à la fin). Je m'y suis approché bien objectivement et avec humilité. Toutefois, à hauteur d'environ 80%. Le maître demeure le maître, pas son élève...


Dans ma tête, avoir une copine, tomber amoureux se rattachait inéluctablement à cette chanson. La femme, sans l'idolâtrer, l'idéaliser à outrance représentait une œuvre d'art, une entité pure recouverte d'un blanc immaculé. À la venue de ma belle, un jour, je serais prisonnier de son cœur, vivrais d'amour et d'eau fraîche, beaucoup d'enfants et toute la bastringue. Lorsque le moment est venu, j'utilisais les mots les plus doux afin de plaire à ma douce et cherchait toujours à améliorer ma poésie. J'écrivais plus que je ne travaillais, c'est pour dire. Au travail, à l'Université, partout où je pouvais pondre un texte, je m'y astreignais. Pourtant, ça ne charmait pas la galerie. Au contraire, le poète sera perçu comme un trou du cul sans envergure bien que dans la tête de ce dernier, il s'agisse de son rêve. Vivre de son écriture. Bah non. C'est raté le clown. Pour le gratin, je chassais le vent, je pelletais des nuages, j'ouvrais des portes ouvertes. Comme je suis un anticonformiste, je m'en suis toujours carrément torché et j'ai continué d'écrire quitte à faire chier les autres. Peu m'importait mon métier pourvu qu'il offre une liberté de mouvement pour faire couler de l'encre. Trou du cul peut être mais cultivé, érudit ( psychologie universitaire) et surtout rêveur... Toujours est-il que le plan ne fonctionnait pas avec les femmes. Meme en écrivant une belle chanson d'amour, pour une femme, un homme doit être un homme. Pas un poète...


Les proses de Cabrel ont cet avantage particulier d'être imagées. On voit bien le chanteur aller se blottir dans les bras de sa douce ( " elle n'a qu'à ouvrir l'espace de ses bras...") , on l'imagine facilement rester debout pour surveiller lorsqu'elle dort ("... gardien du sommeil de ses nuits".). Le plus important cependant demeure le côté crédible d'une poésie chantée car peu importe où il se dirige du point de vue littéraire, on croit au scénario qui s'appuie, la plupart du temps, sur une musique douce, digne des troubadours d'antan. Il détient ce quelque chose de noble à travers une retenue, un ton paisible et toujours sincère. Possible que le vocabulaire français y soit pour quelque chose mais la formulation qui découle de son inspiration à toujours une longueur d'avance sur les compositeurs québécois sauf exception ( Daniel Bélanger reste une référence ici) surtout si je me compare bien humblement à Lui. Le plus difficile à encaisser par contre vient du portrait qu'il peint de sa compagne. On se dit alors, "merde ! Moi aussi je veux en rencontrer une comme celle-là! Ce qui n'arrive pas vraiment ailleurs que dans les arts quels qu'ils soient. Films, chansons, etc... Mon père y a touché. Pas moi.


Maintenant que les fleurs sont lancées, il faut parler du pot. On dit souvent de croire en ses rêves afin qu'ils se réalisent un jour. Naïvement, j'y ai cru en ce qui a trait à l'écriture. Que ce soit Cabrel, Cyrulnik ou Voltaire, intérieurement, une petite voix me chuchotait que ma place était quelque part par là. Pourtant, depuis tout petit, et bien que quelques encouragements ait été offert, je me suis toujours senti affreusement seul dans cet univers. Rares sont ceux qui écrivent donc, pratiquement impossible d'échanger sur ce sujet avec mes pairs. À la limite, pour eux, ça représente une perte de temps. J'ai quand même décidé de continuer, envers et contre tous, espérant pondre un jour mon petit chefs d'œuvre. Je n'ai jamais rien eu à chier des détracteurs alors encore moins à mon âge. Pour ce qui est de Cabrel, bien que je n'aie pas connu l'amour duquel il parle dans cette piste, j'en comprends l'essence. En changeant quelques mots ici et là, je la dirigerais vers mes enfants. Ce sont les seuls au monde à qui je pourrais dire et ce, à chacun d'eux...


Je t'aime à mourir...


Jean-francoisBohémie
10

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Les meilleurs singles tous genres confondus

Créée

le 1 avr. 2026

Modifiée

le 1 avr. 2026

Critique lue 24 fois

Johnny B

Écrit par

Critique lue 24 fois

D'autres avis sur Je l’aime à mourir

Je l’aime à mourir

Je l’aime à mourir

10

Jean-francoisBohémie

516 critiques

Paroxysme...

J'écris. Depuis longtemps à vrai dire. J'ai fait des chansons, des poèmes, des essais et même tenté ma chance pour les romans ( flemme d'expliquer...). La raison pour laquelle je joue de la plume...

le 1 avr. 2026

Du même critique

Emperor of Sand

Emperor of Sand

8

Jean-francoisBohémie

516 critiques

Trompeur...

Mastodon ! Nom de groupe imposant et annonçant quelque chose de lourd me semblait-il. Et pourtant ça n'a rien de particulièrement agressif comme je m'y attendais. Au contraire, on se trouve dans un...

le 2 avr. 2017

Blurryface

Blurryface

8

Jean-francoisBohémie

516 critiques

La raison...

Lorsque j'entends un single qui m'interpelle, j'essaie de retenir le nom du groupe. Au deuxième hit, je reconnais le groupe et peut le nommer. Cette fois, trois chansons ont su capter mon attention...

le 20 mai 2016

The Sacrament of Sin

The Sacrament of Sin

8

Jean-francoisBohémie

516 critiques

Le meilleur...

Powerwolf est différent. Il n'est pas un heavy symphonique comme les autre. Il réussit à entrer. Dans la psyché. S'y faire une place et s'intégrer dans le voyage. Il devient le copain accompagnateur...

le 4 août 2018