On nous promet un lion… au final, j'ai surtout eu l'impression d'assister à un gros chat qui ronfle sur un caisson de basses pendant qu'un perroquet appuie sur le bouton Auto-Tune toutes les trois secondes !
"Lion", single de PNL sorti en 2015, s'inscrit dans leur cloud rap mélancolique, avec ses nappes planantes, ses basses profondes et cette ambiance nocturne qui deviendra leur signature. Sauf que, pour moi, cette fois, le roi de la savane s'est trompé de royaume : il a atterri dans un marécage où chaque mesure avance avec l'enthousiasme d'un escargot en RTT. La production est propre, certes, mais elle recycle une boucle qui tourne tellement en rond qu'on dirait un GPS bloqué sur un rond-point infini. Les voix d'Ademo et N.O.S., noyées sous l'Auto-Tune, finissent par gommer toute intensité, comme si chaque émotion passait au lave-linge avant d'arriver dans les enceintes.
Les paroles cherchent à imposer une image de puissance, de domination et de dureté, avec des formules agressives autour du statut de « j'suis un lion », ainsi que des références aux armes, aux règlements de comptes et à une posture de prédateur face aux ennemis. L'intention est clairement d'intimider, mais, à mes oreilles, l'accumulation de menaces et de poses finit surtout par ressembler à un concours de grimaces entre félins sous anxiolytiques.
Là où certains entendent une atmosphère hypnotique, je n'entends qu'une répétition interminable qui étouffe toute montée d'adrénaline. Rien ne me surprend, rien ne me percute, et le morceau donne l'impression de tourner sur lui-même jusqu'à ce que le générique de fin réclame lui aussi une sortie de secours. Pour moi, "Lion" est un titre qui rugit beaucoup sur le papier, mais qui ne mord jamais vraiment dans les oreilles. Bref, même le gardien du zoo aurait rendu les clés en demandant qu'on remette les vrais lions à la place.