Mayday
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Mayday

Morceau de Three Days Grace ()

Du français " m'aider" ( oui, pour vrai...)

Mayday est un message codé universel afin de prévenir d'un danger ou d'une situation critique. Dérivé du mot m'aider en langue française, il pourra être reconnu à travers le monde. Dans le cas qui nous préoccupe, il représente une certaine parabole des cris à l'aide que l'on évite de lancer, de cacher à l'environnement. Si les proches peuvent parfois déchiffrer le besoin d'aide de quelqu'un sans cette alarme, l'entourage,lui, n'y voit souvent que du feu, s'en contre torche où demeure impuissant face au problème.


Il y a de ces douleurs qui, de manière pernicieuse, arrivent à être acceptable si la résilience permet de passer par dessus. Puis d'autres qui ne font que prendre de l'intensité lentement, très lentement et qui font dire au sujet que ce n'est pas si mal, que celle-ci s'avère tolérable. Pourtant, l'intensité continue sa course et inévitablement arrive à un point de rupture. On ne s'en rend pas compte et, d'un coup, on se retrouve complètement démoli par cette douleur étant apparue sournoisement. On a laissé le cancer grandir sans trop s'en faire. Voilà ce qui me fait profondément chier de la résilience ou du pardon. On passe par dessus sachant qu'humainement, il s'agit de la bonne méthode pour vivre sereinement sur terre. Pourtant, ce qu'on a laissé glisser s'est imprimé inconsciemment et maintenant, tu magasines les cordes, les tabourets et les crochets de plafond. La chanson traite justement de ces merdes qui nous collent au cul et qu'on préfère taire au monde extérieur.


Je sais que bon nombre de gens ici n'auront rien à foutre de ces propos et je l'assume totalement. Il m'apparaît évident que tout ce que j'écris ne sert strictement à rien. Si seulement certains utilisaient mes textes pour se reconnaître et que ça puisse les aider, j'aurais obtenu ma victoire. N'étant pas le cas, il s'agit de coups d'épée dans l'eau et la lassitude s'installe insidieusement dans ma tête. Le chanteur a sa voix pour véhicule, les musiciens aussi, même un clown, s'il joue bien son rôle trouve sa vocation. Pour celui qui se cherche encore et toujours, la vie ressemble à celle du vagabond, dans son manteau de pluie, errant sans but réel. La grisaille prédomine, le cœur un peu en bandoulière...


Sans qu'il n'y ait un sentiment d'urgence, lentement, a pas de tortue ?, quelque chose de sombre s'installe dans la tête et enlève la force motrice qui régit l'être humain. Cet absence de questionnement en se levant le matin chez ceux qui semblent heureux devient plutôt répétitif chez l'autre qui tait une certaine douleur, quelle qu'elle soit, dans les chimères du balafré. Tranquillement, une fatigue généralisée prend place. Pas celle qu'on ressent lorsque le soleil se couche et que le cerveau libère la mélatonine. Elle n'est même pas physique, on fonctionne. Toutefois, il ne s'agit pas d'un fonctionnement normal. Rien a chier de rien. Rien à foutre des conséquences professionnelles, sociales, financières. Comme si on s'assoyait sur le rebord de nos pensées et qu'on discutait des plans futurs avec la faucheuse.


Certains diront que l'effet Presto augmente l'explosion lorsqu'on arrive à la limite. Ayant retenu la pression trop longtemps, on se retrouve face à un geyser de merde qui éclabousse tout l'environnement et ce sans distinction. La traduction serait que tout le monde paiera pour ce que l'hôte a vecu même si, à la base, ils ne sont pas concernés. Cette fatigue citée plus haut à une forte ressemblance avec une vengeance envers l'univers. Tout ce processus malheureusement, ne peut pas être prévisible. L'humain n'a pas un chronomètre planté au cul et un bouchon de Presto. La détonation se fait sentir uniquement lorsque le sujet en a assez et que son système ne peut plus " computer", dealer, paramétrer la machine. L'ordinateur gèle, le virus est entré, erreur fatale. Inévitablement, ça va péter de partout, ça va chier, il est trop tard. Trop de patience tue la patience. On fera payer le voisin ou alors on se fera payer soi-même...


Or, sitôt que les fils se toucheront, une panoplie d'options pourront potentiellement se produire. Pour quelqu'un de fragile mentalement, la psychose lui fera péter une coche monumentale. Pour le dépressif, le Glock pointé directement en plein front. Pour l'autodestructeur, des cicatrices partout sur les bras, tailladé par une automutilation. Pour ceux qui sont plus lent à la détente (!) , l'auto sabotage par consommation de drogues et alcools histoire d'endormir le mal. Cependant, toutes ces avenues, bien que différentes, mèneront irrémédiablement vers la fin de l'aventure. Plus ou moins lentement. Plus ou moins souffrantes. Je ne peux pas parler pour les femmes. Mais pour un homme, souvent, sinon toujours, pas question d'appeler à l'aide ( mayday). Un homme ne pleure pas. Un homme doit demeurer fort. Un homme endure sa merde.


Il faudrait impérativement que je fasse la promotion d'une prévention. Que je souligne à quel point il devient important de communiquer nos difficultés lors d'un passage à vide pouvant mener au passage à l'acte. Je n'en ferai toutefois absolument rien. Pour promouvoir ces trucs, il faudrait d'abord que l'humain le mérite et c'est loin d'être le cas ( on exclut les enfants). Puis, parce qu'il y a eu naissance d'une extrême fatigue qui me mène actuellement à l'indifférence existentielle généralisée. Rien à foutre. Les bougies d'allumage ne font visiblement plus le travail. L'étincelle disparue. Il serait préférable d'exprimer le malaise qui ronge. Mayday.


Mais... Rien à chier...

Créée

le 23 sept. 2025

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Johnny B

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