Nom d'un pneu, ce morceau m'a donné l'impression de traverser une tempête… en restant bloqué au feu rouge pendant quatre minutes.
« Mexico » de PNL est un morceau de rap français sorti en 2015 sur l'album « Le monde Chico ». Le titre s'appuie sur une image de guerre intérieure, où « Mexico » devient le symbole d'un quotidien vécu dans la colère, la survie et la défiance. On retrouve la formule emblématique du duo : nappes aériennes, basse profonde, tempo ralenti et voix noyées dans l'Auto-Tune.
Musicalement, la production est soignée. Les synthés installent une ambiance lourde et nocturne, le mixage est propre et la basse remplit parfaitement l'espace. Je comprends pourquoi beaucoup apprécient cette atmosphère. Mais pour moi, ça reste une belle carrosserie avec le moteur au point mort. Le morceau avance tellement prudemment que même un escargot demanderait un café pour rester réveillé.
Les voix d'Ademo et N.O.S restent fidèles à leur identité : lentes, détachées et presque fantomatiques. Cette manière de poser renforce leur univers mélancolique, mais à mes oreilles, elle finit surtout par aplatir toutes les émotions. J'ai l'impression d'entendre deux chauffeurs de taxi raconter leur journée avec le même ton du début à la fin.
Là où je décroche complètement, ce sont les paroles. Le morceau accumule les images de haine, de violence et de confrontation. Dès le début, des phrases comme « monde de putes », « on l'a fait pour survivre » ou « tous les jours c'est la guerre » installent une vision du monde particulièrement sombre.
Plus loin, « ma haine éclaire les ténèbres » et « tous fécondés par la haine » reviennent encore alimenter cette spirale de colère.
Au niveau de leur éducation, on se pose pas mal de questions.
Je comprends que cette noirceur fasse partie de leur identité artistique, mais à force d'empiler ces images, j'ai surtout l'impression que chaque phrase veut prouver qu'elle est plus désespérée que la précédente.
Le refrain, avec « J'ai la haine comme à Mexico », cherche à devenir un slogan marquant. Chez moi, il tourne surtout comme un feu orange : ça clignote en permanence, mais ça ne fait pas avancer le trafic.
Je reconnais sans difficulté que « Mexico » possède une vraie cohérence esthétique et qu'il s'inscrit parfaitement dans l'univers de PNL. Mais entre une production qui me paraît trop uniforme, une interprétation qui me laisse froid et des paroles constamment enfermées dans la haine et la confrontation, le morceau ne fonctionne absolument pas sur moi.
Au final, la seule chose que je valide ici, c'est le bouton pour le morceau suivant.