Chanson très longue (6 minutes) et relativement peu connue. Elle figure dans l'album "Femmes et famines" sorti en 1975.
1975, c'est aussi la période où il s'est séparé d'Odette, sa deuxième épouse avec qui il a eu deux filles, Fanny et Thea (qui feront l'objet de deux chansons comme cela avait été le cas avec Cécile).
Mais la chanson est d'abord un brûlant hommage à cette femme Odette qu'il a rencontrée en 1967, qui était d'origine arménienne.
"Issue d'un Orient aux clartés fabuleuses
Dans nos quartiers latins, tu te sentais frileuse"
La chanson, comme d'ailleurs l'album "Femmes et famines" est plutôt intimiste avec un Nougaro qui se livre un peu. Ici, il va évoquer sa rencontre avec Odette dans son langage allusif, imagé …
"À minuit dans un bar, oasis de ses dunes
Il avait ressenti comme un rayon de lune
Se poser sur son front tatoué de tourments
Cherchant d'où lui venait la curieuse caresse
Derrière le piano où jouait Aron Bridgers
Il avait vu la femme …"
Puis la vie commune où il s'émerveille qu'elle puisse aimer
"Ce petit homme noir par ta voix désarmé
Et trouvant sous ta main sa place"
C'est sous l'influence d'Odette que Nougaro modifie radicalement sa célèbre chanson "Toulouse". En effet, à l'origine, Nougaro éprouvait un certain ressentiment pour cette ville, y ayant passé une enfance solitaire avec des parents – artistes – souvent absents et avait écrit une chanson plutôt amère. Odette le persuada de laisser de côté ses rancœurs et plutôt de chanter son amour pour cette ville.
Mais de ça, Nougaro n'en parle pas dans sa chanson ...
Non, il n'y parle juste que d'Odette
"Par les lourds cheveux noirs crépitant de violettes
Entre ses doigts ardents, il recueillait ta tête
Attirant vers ses yeux ton regard inondant
Toujours luisaient en lui ce front, ce grain, ces lèvres
Doucement ciselés par une chair orfèvre"
La musique et le piano de Maurice Vander accompagnent magnifiquement les images véhiculées par la voix de Claude Nougaro
https://www.youtube.com/watch?v=w_3iCCHDbps