Au secours ! Avec "Recherche du bonheur", j'ai surtout eu l'impression d'assister à une expédition où le bonheur est porté disparu, la créativité a raté le covoiturage et l'Auto-Tune s'est installé en propriétaire avec un bail de trente ans ! Extrait de "Que la famille", sorti en 2015, ce morceau poursuit la formule cloud rap qui a fait connaître PNL : nappes synthétiques brumeuses, basses profondes, rythme minimaliste et voix massivement transformées.
Pour moi, c'est précisément là que le morceau déraille. La production est techniquement propre, mais elle donne surtout l'impression de recycler une ambiance déjà entendue ailleurs sur le projet. La boucle évolue très peu, les flows restent presque constamment dans la même couleur et la structure avance avec l'enthousiasme d'une tortue qui ferait la queue à la préfecture. L'Auto-Tune, utilisé comme signature du duo, finit à mes oreilles par uniformiser les voix au point qu'elles ressemblent davantage à deux assistants vocaux sous antidépresseurs qu'à une véritable interprétation.
En parcourant les critiques les plus sévères publiées sur Internet, plusieurs reproches reviennent régulièrement. Sur SensCritique, la critique négative la plus appréciée visant "Que la famille" décrit PNL comme les « fils illégitimes de K-Maro et Lunatic », estimant que leur formule recycle des effets de style sans offrir suffisamment de substance musicale.
Sur Album of the Year, plusieurs avis reprochent au projet d'être trop répétitif, avec des morceaux qui s'étirent inutilement et donnent l'impression d'entendre la même atmosphère d'une piste à l'autre.
Même RapJanus, pourtant plus analytique que purement destructeur, attribue une très faible note au morceau et critique une écriture enfermée dans une vision matérialiste, une accumulation de codes de rue et une émotion qui reste étouffée derrière l'esthétique sonore.
Les paroles de "Recherche du bonheur" tournent autour de thèmes récurrents chez PNL : la quête d'une vie meilleure, l'argent, la rue, la méfiance envers les autres et une forme de fatalisme. On retrouve des références aux billets, à la débrouille, aux rapports de force et à des comportements illégaux, utilisées pour construire ce récit de survie. À mes oreilles, cette accumulation finit surtout par donner une impression de déjà-vu : les mêmes images reviennent tellement souvent qu'elles perdent progressivement leur impact. Le paradoxe est presque amusant : le morceau prétend partir à la recherche du bonheur, mais j'ai surtout l'impression qu'il cherche le bouton « variation » sans jamais le trouver.
Là où certains auditeurs apprécient cette ambiance hypnotique, j'entends surtout une formule qui recycle les mêmes ingrédients sans véritable prise de risque. Pour moi, "Recherche du bonheur" n'apporte ni la richesse de flow, ni la variété mélodique, ni la créativité que j'attends d'un morceau de rap. J'ai surtout la sensation qu'un ordinateur a lancé le pilote automatique pendant que l'inspiration était partie faire une randonnée en montagne sans réseau. Bref, ils cherchaient le bonheur… moi, je cherchais surtout la touche « morceau suivant ».