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Morceau de Collective Soul (1999)

Je me souviens enfant, la vie était pour moi un monde fantastique où je célébrais divers héros. Je me balançais en chantant l'intro de Goldorak, j'espérais trouver la lampe magique d'Aladin, j'aimais l'impassibilité et le sérieux d'Albator. Il semblait y avoir une sorte de soleil perpétuel, hiver comme été, qui brillait et qui me poussait à toujours chantonner, à vivre musicalement les journées à ce moment subjugué par Beat IT de Michael Jackson. Puis, il aura fallu que je rencontre la vraie vie, les trous du cul, les épreuves, les mentalités bien arrêtées ( bouchée) pour comprendre que la fête venait de se terminer. La réalité frappait à la porte pour m'offrir gracieusement ce qui allait devenir une ligne directrice tout le long du parcours. La désillusion...


Collective soul ne ressemble à rien d'autre et simultanément, il se fond dans la masse. Même si parfois, on ressent un peu de colère, on dirait que tout est exprimé avec douceur. Rock assez passe partout, ils ont su durer a travers le temps malgré beaucoup de changements de style à travers les années qui font que le groupe, en restant fidèle à leur genre, ont une couleur bien personnelle et distincte. Ici, on atteint une certaine apogée de la douceur qui , malgré le sujet, arrive à mettre un léger baume sur le cœur. On souligne un ennui existentiel illustré par une longue route à faire. Ce chemin sera long pour se sortir d'une léthargie créée par un matérialisme en vogue et une recherche constante de célébrité facile ( qui souvent s'obtient en montrant son cul...). Dès lors, il faudra courir longtemps afin de se sortir d'une route si vide de sens. L'interprétation du titre se fait tranquillement, balançant entre une douce tristesse et une recherche d'espoir.


Et c'est exactement pour tout ce contexte que j'ai l'impression de n'être qu'un alien qui s'est perdu en chemin. Il me semble effectivement que la route était, est et restera longue. Par moment, j'ai eu l'impression de courir et pourtant, le sur place a dominé et même qu'il y a eu, à certains instants, des reculs gigantesques. C'est ce qu'il y a de paradoxal avec la vie. Un jour peut sembler interminable tandis qu'une année, parfois, peut passer à la vitesse de l'éclair selon nos perceptions. Cependant, quand on ne trouve pas sa place, on peut se sentir comme l'aveugle en forêt qui marchera à tâtons. Et si on remarque bien, chaque fois que l'on rencontre une entité venue d'ailleurs, un martien par exemple, il sera presqu'à coup sûr perçu comme un ennemi. Voilà comment je me sens, à vivre sur cette planète. C'est long, je me sens seul, je le suis et j'y comprends rien.


Sur la route, j'ai rencontré une pléthore d'idées préconçues qui se sont avérées fausses. Pour moi, la femme représentait le blanc, c'est à dire la pureté. En étant élevé par une mère douce, compréhensive, empathique et aimante, je me disais que toutes les femmes étaient de ce type. Grave erreur de ma part. Il s'agissait d'idéalisation. Que les gens en général pensaient comme moi, avaient le même système de valeurs. Je me suis gourré. L'idiotie représente la majorité. Que l'amour durait toujours. Dans tes dents, dans ta gueule de con. Et que les rêves se réalisent. Pas tellement selon mes observations. Certains oui. Mais il y a plusieurs appelés. Mais très peu d'élus...


Il m'en reste encore un peu à parcourir bien qu'il en reste moins qu'avant. Ce qui a déjà été fait ne m'a pas réellement inspiré me disant que la vie allait devenir beaucoup plus belle que ce qu'elle est vraiment. Il me faudra tôt ou tard retourner sur ma planète bien que je n'aie jamais su laquelle au juste. L'extraterrestre que je suis aura laissé quelques mots qui seront probablement lu une fois que je serai parti. En attendant, il me reste quand même une longue course à faire afin de me rendre au bout.


Je n'aurai jamais compris pourquoi je courais par contre...


Créée

le 11 févr. 2026

Critique lue 32 fois

Johnny B

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