Dès que « Sextonik » a démarré, j'ai eu l'impression qu'un grille-pain cybernétique venait d'enfiler une veste à paillettes pour devenir le roi d'une boîte de nuit intergalactique. Sur l'album « Point de suture », Mylène Farmer plonge dans une électro-pop explosive, provocante et totalement assumée, où la sensualité rencontre une production futuriste qui ne demande pas la permission pour envahir la piste de danse. Les synthétiseurs crépitent comme des éclairs fabriqués par une machine à rêves, la basse frappe avec l'assurance d'un robot bodybuilder en plein concours de disco et le rythme pulse comme un cœur électronique lancé à pleine vitesse. La production signée autour de cet univers électro est ultra efficace : chaque son semble conçu pour accrocher l'oreille, faire bouger les corps et provoquer ce petit sourire coupable quand on réalise qu'on connaît déjà le refrain. La voix de Mylène joue parfaitement avec l'ambiguïté du morceau, alternant sensualité, distance et malice, comme une reine de science-fiction qui donnerait des ordres à une armée de danseurs en combinaison argentée. Les paroles, volontairement provocatrices, utilisent le vocabulaire du désir et du jeu de séduction avec un second degré qui transforme le titre en véritable objet pop décalé. « Sextonik » n'est pas une chanson qui cherche la discrétion : elle débarque avec des lunettes de soleil dans une pièce sombre et allume toutes les lumières en hurlant « place au spectacle ». Certains pourront trouver son côté répétitif un peu mécanique, mais c'est aussi ce qui fait son efficacité : le morceau agit comme une machine à danser impossible à arrêter. C'est un titre calibré pour la scène, pour les grands écrans, pour les foules qui veulent une explosion d'énergie plutôt qu'une ballade contemplative. Bref, « Sextonik » est une décharge électro tellement chargée qu'elle pourrait faire danser un cactus avec des chaussures lumineuses.