Ca devrait pas exister ça ! Avec "Simba", j'ai eu l'impression que le roi lion avait rendu sa couronne après avoir entendu trois minutes d'Auto-Tune en boucle, pendant que Timon et Pumbaa cherchaient désespérément la télécommande pour changer de bande-son ! Extrait de "Que la famille", sorti en 2015, ce morceau poursuit la formule cloud rap qui a fait connaître PNL : nappes synthétiques brumeuses, basses profondes, rythme minimaliste et voix massivement transformées. Pour moi, c'est exactement le genre de titre où la recette donne l'impression de tourner à vide.
La production est propre techniquement, mais elle recycle une ambiance déjà entendue ailleurs sur le projet. La boucle évolue très peu, les flows restent presque constamment dans la même couleur et la structure avance avec l'énergie d'un lion qui aurait remplacé sa chasse par une sieste administrative. L'Auto-Tune, utilisé comme marque de fabrique du duo, finit à mes oreilles par lisser les voix au point qu'elles ressemblent davantage à deux assistants vocaux en plein spleen qu'à une véritable interprétation.
En parcourant les critiques les plus sévères publiées sur Internet, plusieurs reproches reviennent régulièrement. Sur SensCritique, la critique négative la plus populaire visant "Que la famille" décrit PNL comme les « fils illégitimes de K-Maro et Lunatic », estimant que leur formule recycle des effets de style sans offrir suffisamment de substance musicale.
Sur Album of the Year, plusieurs avis reprochent au projet d'être trop répétitif, avec des morceaux qui s'étirent inutilement et donnent l'impression d'entendre la même atmosphère d'une piste à l'autre.
Même lorsque les critiques reconnaissent la cohérence de l'univers sonore de PNL, certains estiment que cette cohérence finit par devenir une monotonie qui étouffe les morceaux les moins marquants.
Les paroles de "Simba" reprennent les thèmes récurrents du duo : l'ambition, la réussite, l'argent, la rue et la volonté de s'imposer. Le choix du titre renvoie évidemment au personnage du Roi Lion, symbole d'ascension et de domination, mais les références aux billets, aux rapports de force et à des comportements illégaux finissent, à mes oreilles, par ressembler à une nouvelle déclinaison d'images déjà utilisées ailleurs dans le projet. Même le refrain me donne davantage l'impression d'un slogan répété que d'une véritable montée d'émotion. Là où certains y voient une ambiance hypnotique, j'entends surtout une formule qui recycle les mêmes ingrédients sans véritable prise de risque.
Pour moi, "Simba" résume parfaitement ce qui me fait décrocher de cette période de PNL : une esthétique trop uniforme, des voix excessivement artificialisées, peu de variations de flow et une créativité qui semble être partie faire un safari pendant que l'ordinateur gérait le studio. Bref, Simba devait devenir roi… ici, même Scar aurait préféré couper le son.