Chère Someone You Loved,
Je t’écris depuis un endroit que tu connais bien :
ce territoire suspendu entre un souffle et un souvenir,
là où les mots tremblent avant de devenir des larmes.
Tu arrives toujours comme une silhouette dans la brume,
sans frapper, sans bruit,
juste ce piano qui marche pieds nus
sur le parquet fragile des émotions.
Tu t’installes à côté de moi
comme une ancienne amie dont la présence réveille les fantômes
avec une infinie douceur.
Il y a dans ta voix une faille qui ne guérit pas,
une sorte de lumière blessée.
On dirait qu’elle porte, cachée dans son grain,
un vieux chagrin qui respire encore.
Et pourtant, tu ne sombrerais jamais complètement :
tu tiens debout comme une bougie dans un couloir de vent,
vacillante mais fidèle.
Tu parles de l’absence
comme on parle d’un pays lointain :
avec le respect de ce qu’on ne comprend pas,
avec la tendresse de ce qu’on ne peut plus toucher.
Chaque fois que ton refrain s’élève,
une porte invisible s’ouvre en moi,
et j’y vois défiler les silhouettes
de ceux qui ont quitté la scène de ma vie
sans vraiment sortir de la lumière.
Tu es une chanson qui ne console pas,
mais qui accompagne.
Tu n’essuies pas les larmes :
tu les autorises.
Tu rappelles que l’amour ne disparaît jamais vraiment,
qu’il change simplement de forme,
comme l’eau qui trouve toujours un chemin,
même à travers la pierre.
Alors je te remercie, douce blessure,
pour la paix que tu déposes après la tempête.
Pour cette manière de faire respirer l’absence
sans l’effacer.
Pour ce miroir que tu tiens
dans lequel chacun aperçoit
la silhouette d’un cœur encore vivant.
Avec gratitude,
Un cœur qui t’écoute comme on écoute la pluie