Something Pretty
-
Something Pretty

Morceau de Patrick Park (2003)

Je crois avoir trouvé! Le problème qui me triture l'esprit depuis un certain temps. Et c'est justement cette chanson qui m'a offert la réponse. Par contre, je ne peux pas réellement me réjouir car cette réponse vient avec une mauvaise nouvelle. Il n'y a pas d'issue à ce genre de merdier. Et ça me fait profondément chier...


Avez-vous lu le petit prince? Il tombe sur notre planète et s'ennuie de sa rose malgré ses épines ( elle est un peu diva). Puis un aviateur fait la connaissance du petit bonhomme et s'attache à lui jusqu'à ce qu'il retourne sur son petit astre personnel. Quel est donc le rapport? L'innocence. La naïveté. Le bon cœur inhérent à cet âge. Ce conte peut fort bien être lu à un enfant ou encore le lire avec nos têtes de con d'adultes. Probablement que l'enfant n'y comprendra pas grand chose tout en s'attachant au petit prince. L'adulte, lui, aurait intérêt à faire l'exercice en ouvrant un peu son cœur et en enlevant ses œillères de merde qui lui voile le plus important à observer. Quoiqu'il en soit, je présentais ce personnage parce qu'il m'avait marqué mais surtout pour en faire le pont avec la chanson. Je m'explique...


Patrick Park s'exprime ici en dénotant que le quotidien n'a plus rien de beau. De la le titre de la pièce, voulant un peu de beauté à se mettre dans le champ de vision. Et malgré 23 ans de différence entre la parution et aujourd'hui, force est d'admettre que rien n'a changé. Au contraire, ces temps-ci, on ne pourrait affirmer que la vie est belle présentement. Des guerres un peu partout, une alarme en ce qui concerne notre eau potable, des dirigeants flirtant avec la dictature, une pollution atmosphérique qui sape notre oxygène, le coût de la vie... Pour ma propre voix, j'ai aussi une observation en ce qui a trait à la laideur évoquée. L'humain, bien qu'il n'ait jamais été parfait, me semble dénué d'intérêt et ce dans plusieurs sphères de la vie. La gentillesse s'est perdue au profit d'un narcissisme numérique ou un selfie trafiqué au filtre aura plus d'importance qu'un beau geste. La galanterie d'antan et la sensibilité sont devenues des faiblesses alors que c'est grâce à cette sensibilité qu'on voit les points faibles d'une humanité plus si humaine que ça après tout.


Le refrain, pour sa part, fait une envolée, a ce quelque chose d'aérien qui suggère dans ma tête un au revoir, un adieu qui se ressent vocalement même si ce n'est sans doute pas l'intention du chanteur. Voilà l'explication du titre de cette critique. Comme une âme qui s'envole vers un ciel bleu pour les uns et gris pour le contemplatif que j'étais, je suis et que j'ai toujours été. Comme le petit prince est reparti sur sa planète, un départ a eu lieu dans ma vie. L'enfant s'en est allé, loin, très loin et ne reviendra plus...


Aussi bien l'avouer maintenant ( ce sera fait), une multitude de regrets se sont installés dans ma tête depuis un certain temps. Je n'ai pas eu la chance de demeurer dans la famille nucléaire traditionnelle. Du coup, après un bon nombre d'années, je suis,par la force des choses, un père célibataire. À ce niveau, je m'en torche. Par contre, je n'aurai pas eu la chance de tout voir de la vie de mes enfants. Avec une série de mauvais choix, malgré une présence stable et structurée régie par les lois, il en manque énormément. Le bisou avant le dodo, les colle-colles durant les films, les repas en famille... Plutôt, seul et maugréant contre un destin de merde, j'ai surtout "pensé" cette vie de famille. Un jeudi soir, je les imaginais finissant leurs devoirs. Parfois, je me demandais si ils pensaient à moi. Je voyais leurs visages du haut d'une solitude néfaste pour un coeur de père, loin du cœur de pierre. Souvent, je répétais des je t'aime en espérant avoir meilleure conscience tout en sachant très bien que les mots uniquement ne sont pas suffisants. J'ai noyé ma mélancolie dans l'alcool par moment souhaitant, dans les pire moments, ne pas réussir à revenir à la surface. Et maintenant?


Il est parti. L'enfant. Celui à l'intérieur de moi mais aussi chez mes enfants. 2 adultes et un pré adolescent ont grandi en ce qui me semble 5 minutes. Cette innocence de ma petite fille (2) qui tient sa poupée si fort en suivant l'adulte avec une confiance aveugle dans un pyjama aux oursons colorés. Cette petite main de mon bonhomme qui s'accroche au gros doigt de papa qui lui, n'arrivera jamais à décrire à quel point ce simple geste ( la main) arrive à faire fondre son cœur. Et se dire que sans hésiter, s'il fallait un coeur à l'un d'eux, la médecine pourrait prendre le mien afin de les laisser grandir. J'ai laissé mourir mon enfant intérieur pour devenir quelqu'un sans savoir qui réellement. Perdu du temps avec eux, pour vivre une vie sans éclat, sans saveur, sans ces centaines de petits pas sur le plancher qui donne vie à un foyer.


J'ai cherché la clé, la réponse à cette mascarade. St-Exupery disait justement que "l'essentiel est invisible pour les yeux". J'irais plus loin cependant afin de clore sur un peu plus beau. Je crois que la réponse à tout ceci réside dans l'enfant. Il porte en lui le plus grand amour qui puisse exister. À la limite, je pourrais voir crever n'importe qui pour être totalement honnête. Mais pas un enfant. Il y a trop de beau en dedans de lui pour le voir partir de ce monde aussi laid. Et la clé, c'est le temps que l'on passe avec eux. Invisible temps, pourtant il renferme en son sein l'essentiel.


L'enfant est parti. Et le temps, perdu

Créée

le 23 janv. 2026

Critique lue 31 fois

Johnny B

Écrit par

Critique lue 31 fois

2

Du même critique

Emperor of Sand

Emperor of Sand

8

Jean-francoisBohémie

516 critiques

Trompeur...

Mastodon ! Nom de groupe imposant et annonçant quelque chose de lourd me semblait-il. Et pourtant ça n'a rien de particulièrement agressif comme je m'y attendais. Au contraire, on se trouve dans un...

le 2 avr. 2017

Blurryface

Blurryface

8

Jean-francoisBohémie

516 critiques

La raison...

Lorsque j'entends un single qui m'interpelle, j'essaie de retenir le nom du groupe. Au deuxième hit, je reconnais le groupe et peut le nommer. Cette fois, trois chansons ont su capter mon attention...

le 20 mai 2016

The Sacrament of Sin

The Sacrament of Sin

8

Jean-francoisBohémie

516 critiques

Le meilleur...

Powerwolf est différent. Il n'est pas un heavy symphonique comme les autre. Il réussit à entrer. Dans la psyché. S'y faire une place et s'intégrer dans le voyage. Il devient le copain accompagnateur...

le 4 août 2018