Ça démarre comme une balade nocturne dans Paris… puis ça finit avec autant de délicatesse qu’un parpaing lancé dans une vitrine.
« Sur Paname » est un morceau de rap français signé PNL, sorti en 2015 sur l’album « Le monde Chico ». Le titre arrive juste après « Le monde ou rien » dans la tracklist et reprend cette esthétique qui a fait leur signature : ambiance sombre, solitude urbaine, production planante et voix largement travaillées. Shazam
Musicalement, c’est probablement la partie que je trouve la plus intéressante malgré ma note. Elle installe un climat nocturne, presque cotonneux, tandis que les voix d’Ademo et N.O.S flottent au-dessus du morceau. Le problème, c’est que cette atmosphère ne suffit pas à me faire décoller. Le morceau avance tranquillement, tellement tranquillement que j’ai fini par vérifier si mon lecteur n’était pas resté coincé dans un embouteillage sur le périph’.
Et puis arrivent les paroles. Là, pour moi, c’est le grand plongeon dans le caniveau. Dès le départ, le ton est franchement agressif : « J’m’en bats les couilles », puis viennent les insultes, les références au trafic, à la drogue et à la violence. Même le refrain, pourtant plus mélancolique avec « Des fois j’rêve de la mer / Et j’traîne seul sur Paname », est constamment rattrapé par cette volonté de tout ramener au seum, à la débrouille et au rapport de force.
Le passage « Les yeux vides, le compte vide, le cœur vide » aurait pu ouvrir une vraie porte vers quelque chose de plus introspectif. Mais à mes oreilles, le morceau referme aussitôt cette porte à coups de vulgarité et de provocations. Et quand on enchaîne avec des images comme « Le bruit du gyro », « le Sheitan », l’OD et le trafic, j’ai surtout l’impression d’assister à un inventaire du parfait attirail du rap de rue.
La voix, elle, reste volontairement distante et désabusée. Ça colle parfaitement à l’univers de PNL, mais personnellement, cette interprétation me laisse aussi froid qu’un banc public à six heures du matin en février. Il y a une vraie cohérence artistique, certes, mais je n’accroche absolument pas à cette manière de chanter le désenchantement.
Au final, « Sur Paname » possède une ambiance identifiable et une production travaillée, mais tout ce qui devrait me faire ressentir quelque chose me laisse ici sur le trottoir. Les paroles agressives et répétitives prennent trop de place, et je ne trouve pas suffisamment de richesse derrière cette accumulation de seum, de drogue, d’argent et de provocations.