Sorti en 2016 entre « Le Monde Chico » et « Dans la légende », « Tchiki Tchiki » est un morceau de rap français / cloud rap de PNL, construit autour d’une production planante et d’un refrain volontairement répétitif. Le titre est sorti en single le 27 mai 2016 et devait figurer comme morceau annonciateur du futur album. Il a également connu une petite histoire mouvementée : son instrumental reprenait un élément d’une œuvre de Ryuichi Sakamoto sans autorisation suffisante, ce qui a conduit au retrait temporaire du morceau des plateformes.
Musicalement, je reconnais immédiatement la patte PNL : nappes aériennes, basse enveloppante, tempo tranquille et voix noyées dans les effets. L'ensemble cherche moins à faire danser qu'à créer une sorte de brume sonore. C'est propre, reconnaissable, et même assez hypnotique. Le morceau utilise notamment un sample lié à la bande originale du film « Furyo », ce qui apporte cette couleur japonaise très particulière.
Mais pour moi, cette ambiance tourne rapidement à la tisane musicale sous Lexomil. La production flotte, les voix flottent, le refrain flotte… et moi, au bout de quelques minutes, je cherche surtout où est passé le morceau.
Ademo et N.O.S jouent parfaitement le jeu de cette esthétique. N.O.S ouvre avec une certaine mélancolie : « J'sens l'odeur de mon âme qui brûle ». Il y a même quelques images intéressantes, notamment « Pas assez de cœurs pour sauver la Terre ».
Et puis arrive le refrain : « Tchiki Tchiki », répété encore et encore. C'est précisément le genre de gimmick qui peut devenir entêtant pour les amateurs de PNL… mais qui, chez moi, provoque plutôt une envie de demander au serveur : « Excusez-moi, vous avez la version avec des paroles ? »
Le texte est le gros point noir de ma note. On trouve pourtant quelques idées intéressantes : la culpabilité, l'argent, les souvenirs, la réussite et cette opposition entre la guerre menée dans la rue et l'incapacité à « sauver la Terre ». Mais le morceau abandonne régulièrement la recherche d'un propos au profit de jeux de sons et d'onomatopées.
Et là, franchement, « j'parle pas tching tchong tchang tching tchang » me laisse particulièrement perplexe. Le The FADER avait d'ailleurs relevé le caractère offensant de cette formule visant une femme asiatique.
Même en voulant jouer sur la provocation ou sur une ambiance japonaise, cette séquence me paraît surtout lourde et maladroite. On voulait du second degré, on récolte surtout un gros “aïe, aïe, aïe” culturel.
Ademo enchaîne ensuite avec des références à Tenshinhan, Nakata, Rihanna, des jeux de mots et des répétitions. C'est une écriture très PNL : références pop, argot, verlan et formules volontairement absurdes. Le problème, c'est que je reste complètement hermétique à cette mayonnaise.
Le ressenti est donc assez paradoxal. Je comprends pourquoi certains auditeurs accrochent : le morceau possède une véritable atmosphère. Des discussions de l'époque saluaient justement l'instrumentale, le flow et le côté « enivrant » du titre.
Mais de mon côté, c'est exactement l'inverse : plus le morceau essaie de m'hypnotiser, plus je regarde l'horloge. Le refrain répétitif finit par ressembler à une roue de hamster : ça tourne beaucoup, mais ça n'avance pas d'un centimètre.
⚖️ Mon 1/10 vient donc moins d'un problème de production que d'un rejet complet de la formule. Je peux reconnaître l'identité sonore, l'originalité de certaines associations et la volonté de créer un univers. Mais entre les onomatopées, les répétitions et certaines paroles qui vieillissent particulièrement mal, je reste sur le bord de la route avec mon petit panneau : « Demi-tour, chef ! »
Et puis il y a cette ironie : PNL voulait créer un morceau très immersif, presque cinématographique. Mission accomplie pour certains. Moi, j'ai surtout eu l'impression d'être enfermé dans un karaoké où le bouton “Tchiki” serait resté bloqué.
Verdict : 1/10. Une vraie signature sonore, mais une écriture et des gimmicks qui, pour moi, transforment rapidement l'expérience en longue séance de tchiki-tchiki cérébral. Hasta la vista PNL !!! Bouton "DELETE"... Merci !!!