Pour un adolescent de 16 ans qui regardait la pluie tomber sur les carreaux de sa chambre en se demandant quand sa vie commencerait vraiment, « Thank God It’s Not Christmas » exprimait toute la suave attirance d’un monde de délicieuses dépravations, d’infinie élégance, de ravissante superficialité, dont l’on pouvait rêver qu’on participerait un jour. Les mots « Paris » et « la Seine » faisait autant rêver quand on perdait son temps au Creusot que dans une banlieue middle-class de Californie : on se jura alors, parce que la voix sublime de Russell Meal semblait condenser toute la furie romantique du monde, que la vie, la vraie, ne se passerait pas sans nous.