« Je suis né dans un monde uniquement connecté à un morceau de mon esprit, rien de plus qu’un petit pays… »
To Myself I Turn est une des meilleures chansons du premier album In a Reverie de Lacuna Coil, un groupe de metal gothique italien.
Comme dans beaucoup de morceaux de ce groupe, la chanson est portée par la voix puissante de Cristina Scabbia. Sa composition est lente et douce au début afin de mieux marquer le contraste avec la suite.
L’introduction, capitale dans le metal, est cristalline, presque enfantine et c’est la déclaration d’une enfant toute-puissante (« Je suis la princesse, rien n’est mal dans mon monde fantastique »). Le cri tonitruant qui conclut cette introduction prend alors des accents d’inquiétude (« Rien à perdre, je veux vivre ici »).
Et la réalité frappe. La chanteuse constate qu’elle est seule dans ce lieu (« Comme vous voyez, je suis la seule survivante dans ce pays »). Ce monde merveilleux change (« Où ai-je entendu ce vent avant qu’il ne change comme ça en un rugissement profond ? »). Et elle finit par se retrouver dans la réalité (« Ces projecteurs sont à nouveau là ») (« cette texture de temps et d’espace me rend malade »).
La chanteuse conclut par un cri de peur (« Je dois choisir : est-ce que je veux vivre ici ? »).
Ce texte fait penser à une dépressive qui cherche désespérément à se réfugier dans la schizophrénique en s’inventant un monde intérieur. Mais n’étant pas psychotique, elle ne peut pas se couper de la réalité et doit composer avec, même si elle déteste ça. La chanson se conclut sur un cri ambigu : parle-t-elle de son monde imaginaire stérile et rassurant, ou de la réalité insupportable ?
Si To Myself I Turn a une thématique connue, en particulier dans la mouvance gothique, elle possède une puissance impressionnante et constitue une des meilleures chansons de cet album. À écouter avec un mouchoir.