On attendait, on attendait, dans le noir, préparant nos cigarettes magiques. Il allait pas tarder. On le savait. Nos yeux étaient rivés sur nos portables. Y'avait une foule immense, grosse, grouillante, suante, tiède et molle. Pas très grisant.
Il est passé une fois, tout le monde a sifflé ou couiné. Au choix. Personnellement, je ne sais pas siffler. Une seconde fois. Je trépignais d'impatience. Ça m'a rappelé Placebo, y'a 4 ans, mon premier concert. Faut pas déconner : Vitalic, c'est un "papa de l'électro", comme dirait l'autre. C'est comme Boys Noise, Doctor P, ce genre de personnes sur lesquelles tu trippes, casque vissé sur les oreilles, en espérant un jour balancer ton corps brisé sur leurs sons. Un sms à Kevin, "Vitalic Time", auquel il m'a répondu un aimable "Bitch". Et Vitalic est arrivé.
"Vigipirate", premier son. Quand il a décroché cet immense pan de tissu, derrière lui, c'est mon coeur qui s'est décroché, glissant le long de ma colonne. Un mur de laser. On me l'avait dit. J'ai levé les bras, même si je mesurais 20 centimètres de moins que tous ceux autour de moi, et j'ai crié. J'me suis mordue la langue en essayant de siffler.
La foule n'est devenu qu'un seul et même corps, qui tangue et se balance au son de basses toujours plus virulentes. Ma bouteille d'eau s'est vidée en une chanson.