Le sujet valait amplement d'être traité, parce qu'au même titre que les attentats posent toujours la question de comment un enfant comme les autres peut devenir un monstre déshumanisé, ils mettent également en lumière des personnes qui choisissent de faire le Bien. Et le Bien et le Mal, c'est une question inusable, ça. Le choix, le libre arbitre, mais aussi le déterminisme social, l'influence des religions, des religieux, la foi sans majuscule, les croyances, franchement, qui ne s'intéresserait pas d'une manière ou d'une autre à ces thèmes aussi volatiles qu'épineux ? Après Des vivants, qui interrogeait la reconstruction d'otages traumatisés par la confrontation avec le Mal, c'est-à-dire en l'occurrence la cruauté absolue, gratuite et jubilatoire, voici donc 4 petits épisodes qui mettent en scène les conséquences énormes d'un choix individuel. A écouter Sonia, planquée quelque part sous une fausse identité pour échapper à la vindicte des terroristes à qui elle a vaillamment coupé l'herbe sous le pied, il ne s'agissait même pas d'un choix. Sauver des vies innocentes, pour elle, c'était une évidence. Et c'est admirable de s'y être tenue coûte que coûte dans les circonstances qui accompagnaient sa prise de position. D'abord, elle a mis sa famille en danger. Ensuite, elle a été traitée sans ménagement par les services de police. Bon, on comprend la pression qui était la leur, mais quand même, la garde à vue pour les héros, ça ne grandit pas l'action publique, ça. Puis elle a dû faire le sacrifice d'une vie à laquelle elle tenait pour en sauver des tas. La situation-même à laquelle on aimerait absolument échapper. Et finalement, elle a été lâchée en pleine brousse par l’État, qui lui est si reconnaissant mais peine à organiser sa disparition de manière confortable. Les tracas administratifs qui sont les nôtres au quotidien sont multipliés par mille pour elle depuis qu'elle s'est évaporée dans la nature avec sa famille et ses faux papiers mal consolidés. Mais elle ne regrette pas et brille par son humanité vraiment spontanée et évidente. Eh ben ça fait du bien, même si le documentaire délaye un peu la sauce et aurait mérité d'être ramassé en 52 minutes standards. Merci, Madame.