Je ne m’attendais pas à être autant happé par ce préquel de Yellowstone, qui s’avère plus ambitieux et plus riche que prévu, offrant une plongée passionnante dans les années 1920. La série se distingue par l’ampleur de son récit, qui navigue entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, et dressant un portrait foisonnant d’une époque traversée par les mutations économiques, les tensions sociales et les conflits culturels.

Les vétérans apportent toute leur expérience et leur présence à l’écran, avec un Timothy Dalton savoureux en businessman sadique. Les jeunes acteurs ne sont pas en reste, mention spéciale à Julia Schlaepfer, qui incarne avec intensité la jeune femme de bonne famille rebelle. Les seconds rôles contribuent également à la réussite de l’ensemble : Jerome Flynn est convaincant en homme de main tiraillé par la morale, Jamie McShane impressionne par sa fermeté de marshall aux idées arrêtées, tandis que Sebastian Roché compose un prêtre particulièrement inquiétant. En revanche, j’ai eu du mal à m’attacher au personnage de Teonna, dont l’interprétation grimaçante m’a laissé à distance.

Le récit reste globalement captivant malgré un certain déséquilibre entre les trois intrigues principales. L’odyssée romantique des deux tourtereaux aventuriers constitue la partie la plus prenante, grâce à son souffle romanesque et à son sens de l’aventure. Elle finit toutefois par devenir de plus en plus invraisemblable à force d’accumuler les catastrophes de parcours et les rebondissements à rallonge.

L’arc consacré à Teonna est plus contrasté. Son point de départ, centré sur les pensionnats religieux pour Amérindiens, manque clairement de nuances, les représentants de l’Église étant tous sans exception dépeints comme des monstres. Par la suite, l’intrigue se transforme en longue cavale répétitive qui insiste excessivement sur la victimisation de son héroïne.

Paradoxalement, les affaires du ranch Dutton, qui devraient constituer le cœur de la série, passent souvent au second plan. Les thèmes abordés reprennent en grande partie ceux déjà explorés dans Yellowstone et l’intrigue peine à progresser, comme suspendue dans l’attente du retour du neveu prodigue chargé de faire avancer la situation.

Malgré ces bémols, 1923 demeure néanmoins plaisante. Grâce à son ambition, à la qualité de son casting et à la richesse de son cadre historique, la série parvient à dépasser le simple statut de préquel pour proposer une fresque épique, même si certaines intrigues auraient gagné à être davantage resserrées et nuancées.

Créée

le 23 juin 2026

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